Nécrologie de René Gabriel Schneider

René Gabriel Schneider est le fils aîné de Séraphin Schneider fils et Louise Chevalier.

Sa nécrologie retrouvée dans les annales de l’Université de Paris et rédigée par Pierre Lavedan m’apprend tout de sa vie d’enseignant.

René Schneider était né à Châtellerault le 25 octobre 1867. Fils d’officier, la carrière paternelle l’avait amené à Toulouse où il fit ses études jusqu’à la rhétorique.

Il devient bachelier ès lettre au Lycée Janson de Sailly.
Il fait l’Ecole normale supérieure, en 1888 (17e), il est licencié ès lettres en 1889 et devient agrégé des lettres, en 1891.
Il revient à Toulouse comme professeur au Lycée après l’Ecole Normale (1888-1891).
Il est professeur de rhétorique au lycée de Cahors (1891-1893), puis au lycée de Montauban (1893-1895). Il est ensuite professeur de 3ème au lycée de Nice (1895-1896), au lycée de Clermont (1896-1897) et au lycée de Toulouse puis de 2ème au même lycée (1897-1906).

Sa vocation était fixée, mais l’Université toulousaine ne possédait pas alors de chaire d’histoire de l’art. René Schneider dut quitter le Midi pour trouver l’accès à l’Enseignement Supérieur. Une maîtrise de conférences créée en 1906 à Caen lui fut immédiatement attribuée. Le souvenir qu’il y a laissé était encore assez vif l’an dernier  après trente-trois ans pour que tous les journaux de la région aient consacré à sa disparition des articles pleins d’une touchante affection.

Janvier 1910, René Schneider quitte Caen pour Paris et la Sorbonne : maître de conférences d’abord, puis professeur. Son activité se partage entre ses élèves et ses publications.

Le 17 avril 1910, il épouse Victorine Henriette Marie Louise Seguier, à Toulouse.

En décembre 1910, il devenait docteur-ès-lettres avec deux thèmes relatives à Quatremère de Quincy. L’esprit classique de René Schneider, son goût pour l’ordre, sa droiture intellectuelle avaient été attirés par le vieux « prophète idéalo-antique ».

Le couple adopte Andrée Anaïs Louise, née le 27 octobre 1911 à Dombasle-sur-Meurthe.

Il est Chargé de cours de l’Histoire de l’art à la Faculté des Lettres de l’Université de Paris, à partir du 1er avril 1919.

Il devient, comme son père, Chevalier de la Légion d’Honneur le 12 octobre 1921 (voir Un Chevalier de la Légion d’honneur : Séraphin Schneider).

En 1930, lors de la réorganisation de l’Institut d’Art de l’Université et de son transfert dans les locaux de la rue Michelet, il était désigné par la confiante amitié de ses collègues comme Président du Comité Directeur. Cette mission lui fut constamment renouvelée. On trouvera dans ses Rapports annuels publiés ici même l’image exacte et fidèle de la vie de l’Institut pendant ces dix années.
[…] cet homme excellent, cet esprit délicat, ce professeur si dévoué à ses élèves qu’il n’a pu survivre à une mise à la retraite qui le séparait d’eux. Pendant dix-huit ans il avait occupé à la Sorbonne la chaire d’histoire de l’art moderne, succédant en 1920 au regretté Emile Bertaux. Il la quittait en octobre 1937.

Il a plusieurs autres activités :

  • Missions de conférences ou d’études : Alger, Portugal, Prague, Cambridge, Madrid, Bruxelles, Utrecht, Amsterdam
  • Collaborateur : de la Revue de Paris, de la Gazette des Beaux-Arts, de la Revue de numismatique, de la Revue de l’art, des Etudes italiennes, d’Augusta Perusia, de l’Amateur d’estampes, de la Grande Revue, des actes des Congrès d’histoire de l’art de Rome et Bruxelles, de l’Histoire de l’art…
  • Président du comité de direction de l’Institut d’art et d’archéologie
  • Membre du comité français d’organisation des congrès internationaux d’histoire de l’art.

Il écrit aussi de nombreux ouvrages, dont les principaux sont :

  • L’Ombrie (1904), couronné par l’Académie française
  • Rome (1906), couronné par l’Académie française
  • La résistance organisée au Romantisme (1815-1848), Quatremère de Quincy, secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts, thèse de doctorat (1910), prix Bordin

Sources :
Archives Nationales, Base Léonore : Dossier 19800035/1302/50304

Annales de l’Université de Paris
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k93890j.image.r=SCHNEIDER.f118.hl

Charle Christophe. Les professeurs de la faculté des lettres de Paris – Dictionnaire biographique 1909-1939. Paris : Institut national de recherche pédagogique, 1986. 224 p.
https://www.persee.fr/doc/inrp_0298-5632_1986_ant_2_2_2794

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