0

Zoom sur Romain Bühler

Romain Bühler est le fils ainé Joseph Bühler et Rosalie Schneider (voir Rosalie Schneider, une fille naturelle).

Il est né le 31 octobre 1863. Il a sûrement été conçu à Rome, où son père est en garnison. Il tient d’ailleurs surement son prénom de cette ville. Il y vit surement ses premières années.
La famille vit à Paris d’au moins 1869 à 1883. Au moment de son service militaire, il habite avec sa mère 11 boulevard de Strasbourg dans le 11ème arrondissement.

Il s’engage en 21 août 1882 pour 5 ans et incorpore le 124ème régiment d’infanterie.
Ce jeune homme mesure 1m66, il est châtain aux yeux bleus.

AN, dossier de Légion d’Honneur – Signature du Général Bühler

Après 3 ans de service, il intègre l’école militaire d’infanterie auprès du 117ème régiment d’infanterie. Il en sort 114ème sur 451. Il est alors sous-officier.
Après avoir suivi le 1er cours de l’école régionale de tir du camp de Châlons du 1er novembre 1891 au 29 février 1892, où il obtient la 1er mention honorable, il atteint le grade de Lieutenant 1ère classe.

Il se marie le 4 octobre 1893 avec Rosa Hélène Georgette Gouin, au Mans. Leur (unique?) fils Henri nait le 13 juillet 1894 au Mans.

Il devient Capitaine, le 30 décembre 1895 et intègre le 147ème régiment d’infanterie.
Il enchaîne ensuite différents grades et régiments d’infanterie jusqu’au grade de Major en 1907.
Il devient Chevalier de la Légion d’Honneur le 11 juillet 1908.

Après un stage au 36ème régiment d’artillerie du 1er mai au 30 septembre 1913, il devient Lieutenant Colonel. Il séjourne dans la garnison frontière de Briançon du 30 octobre 1913 au 14 septembre 1914.
La famille vit alors à Clermont-Ferrand.

Lorsque la 1ère guerre mondiale éclate, son fils alors engagé à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, est mobilisé le 2 août et meurt pour la France le 26 août 1914, tué d’une balle au cours du combat livré à proximité du village de Denipaire, à l’âge de 20 ans.

Romain quant à lui, fait la Campagne contre l’Allemagne en entier, du 2 août 1914 jusqu’au 23 mai 1919.
A cette occasion, il reçoit des citations :
– cité à l’ordre de la Division n°826 du 23 mai 1915 « Dans la journée du 17 novembre au moment où son régiment fortement engagé dans une région difficile, était menacé par l’ennemi de trois côtés différents a assuré par son énergie et son mépris du danger le repli de ses unités, sous un feu très vif d’artillerie et d’infanterie malgré une menace continuelle d’enveloppement« .
– cité à l’ordre de l’armée, le 1er janvier 1917, « Officier supérieur très brave au feu. A toujours obtenu de ses hommes une organisation très rapide et judicieuse des différents secteurs qu’ils ont à tenir ».
– cité à l’ordre du Xe corps d’armée du 3 mars 1917 « Commandant pendant plusieurs jours l’avant-garde de la division, a réussi à forcer le passage de deux canaux sur lesquels l’ennemi avait détruit tous les moyens de franchissement, à occuper les lignes successives assignées à son régiment et à les tenir solidement, n’a cessé de stimuler l’ardeur de sa troupe par une activité et une énergie digne d’éloges« .
– Le Général Commandait le 10ème corps d’armée cité à l’ordre du corps d’armée le 47ème régiment d’infanterie, le 2 juin 1917 « Sous les ordres de son chef, le Colonel Bühler grâce aux habiles dispositions prises, à une énergie tenace et à l’ardeur de ses unités, a su faire tomber, après huit jours de combats opiniâtres, une organisation ennemie importante et formidablement établie. »
– Le Général Commandant le IIe armée cite à l’ordre de l’armée le 47ème régiment d’infanterie « Occupant un secteur contre lequel l’ennemi porte tous ses efforts depuis notre attaque du 20 août 1917 a su sous les ordres du Colonel Bühler grâce à sa résistance acharnée et à la vigueur de ses contre-attaques brises les 9 septembre, et 16 octobre 1917, les offensives acharnées de l’ennemi et maintenir intégralement ses positions. »
– Cité à l’ordre de la division du 14 janvier 1918 (47e) « A la tête d’un régiment de la 20e division depuis près de trois ans a su par son action personnelle de tous les instant, par sa confiance inébranlable dans le succès et sa haute idée du devoir, faire du 47e Régiment d’Infanterie un régiment de la plus haute valeur« .
– Cité à l’ordre du Corps d’armée du 30 juin 1918 (47e) « S’est dépensé sans compter pendant les Journées du … pour retarder l’avance ennemie et conserver les ponts de la Marne. Quelques jours plus tard, a parfaitement organisé le nettoyage d’une boucle de la rivière où l’ennemi avait réussi à s’installer en forces. Cette opération fut un succès complet et rapporta plus de 100 prisonniers et des mitrailleuses« . Voir le journal de marche et des opérations du 47ème régiment d’infanterie, en date du 2 juin 1918.
Il est décoré de la Croix de guerre avec palmes, étoiles d’argent, étoiles de vermeil. Il devient également Officier de la Légion d’Honneur le 25 décembre 1916

Il entre en Campagne en Pologne du 24 mai 1919 au 20 février 1920. Il est promu Général de Brigade à titre polonais le 1er septembre 1919 puis Général de Brigade le 23 décembre de la même année.

Après la guerre, il part à Saint-Lô où il est nommé au Commandement des subdivisions de Saint-Lô – Granville – Saint Malo le 1er avril 1920 et promu au grade de Commandeur dans l’ordre national de la Légion d’honneur le 8 novembre 1920.

Il décède le 12 juillet 1940.

Source :
Archives nationales, Base Léonore, dossier 19800035/8/932

0

Point de croiX ou plutôt autre broderie?

Au gré de mes recherches sur les Schneider à Châtellerault, je suis tombée sur l’information qui m’a interpellée : une liste de brodeuses où figurent pour l’année 1851, 3 sœurs Schneider habitant « le pont d’Estrées 21 dont les 3 sœurs Schneider (13, 16 et 21 ans) ».

J’ai retrouvé ces 3 sœurs qui font partie des 7 enfants du couple Antoine Schneider et Anna Maria Hirschuber. Il s’agit de Pauline, Marie et Thérèse.

نمه٨إءا، 
iddddÆlI 
ةب 
هد 
.
AD86, 8M3 69 – Recensement de population de Châtellerault, 1851 – Pont d’Estrée

Je n’ai pas de trace de Pauline et Marie par la suite. Elles ont certainement dû quitter Châtellerault.
Pour Thérèse, en revanche, elle y est restée. Elle accouche d’une enfant naturelle morte née en 1858. Elle décède elle-même à l’âge de 31 ans, en 1869.

Mais que brodent ces 3 sœurs? Essentiellement des fonds bonnets apparemment.
En effet, les femmes « de bonne conduite » ne devaient pas sortir « en cheveux », elles portent donc la coiffe.
Le bonnet comporte trois parties essentielles : le fond ou arrière, le milieu en haut de la tête appelé passe et la dentelle ornant le devant, désignée sous le nom de barbe.
Les coiffes sont en tulle ou en mousseline. On commence par amidonner le tissu, puis on place « les pailles » pour former les ruchés. Les sous-coiffes de mousseline ou de satin épais, de ton pastel ou noires, mettent en valeur les broderies du fond.
Dans le dernier quart du XIXe siècle se répand une nouvelle mode : le bonnet ruché, plus léger que la coiffe, souvent en broderie mécanique et se repassant avec des fers spéciaux. Huit heures sont nécessaires pour repasser un bonnet de mariée et s’il pleut le jour des noces, tout le travail est à refaire.
De 1840 à 1860, on brode à l’aiguille, sur tulle, des fonds de bonnets.

Inventaire des collections des musées de Châtellerault, Bonnet

Dans les inventaires après décès, on peut retrouver mention de ces bonnets :
– dans les effets de Louise Lhuillier, épouse Schneider, on peut retrouver « deux bonnets montés prisés sept francs, six bonnets ordinaires prisés six francs« .
– dans ceux d’Honorine Chevalier, épouse Schneider, on retrouve « douze bonnets en mousseline, six serre-tête en calicot ».

Sources du Centre Châtelleraudais d’Histoire et d’Archives :

Ateliers de broderie, brodeuses depuis le XVIIe siècle jusqu’à la seconde guerre mondiale, par Geneviève Millet

Broderies réalisées à Châtellerault, par Françoise Merle