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Distraction du presbytère de Bennecourt

Suite à la découverte du lieu d’habitation du couple Jean Baptiste Georges Gabrielle Pernelle et Marie Julienne Lecler, je me suis intéressée à l’ancien presbytère et l’ancienne école de la commune de Bennecourt. Ils feront d’ailleurs l’objet de plusieurs articles du challenge.

La commune de Bennecourt fait l’acquisition de l’ancien presbytère et ses dépendances, le 17 mars 1827, auprès du Sieur et de Dame Normand pour la somme de 5200 francs. Cet achat est prévu pour servir d’école et de logement à l’instituteur et au desservant (l’autorité ecclésiastique). Cet achat est possible grâce aux habitants qui ont souscrit un engagement volontaire le 15 août 1826.

Le 28 mai 1835, le Conseil municipal se réunit extraordinairement afin de délibérer sur la séparation intacte de l’ancien presbytère afin de faire un logement séparé sans communauté pour le desservant et pour l’instituteur primaire mais aussi pour voter une imposition extraordinaire nécessaire pour la séparation.

Extrait de la délibération du 28 mai 1835 :

Vu l’ordonnance du Roi du 31 janvier 1827 et l’acte d’acquisition du 17 mars de cette même année qui oblige d’y faire deux logements séparés.

Vu aussi un plan dressé par Rousel géomêtre de la Ville neuve en chevrie le 10 au 15 juillet mil huit cent vingt six par lequel il désigne l’entrée du logement de l’instituteur par le cimetière, entrée qui ne peut avoir son exécution impossible de pouvoir sa  pratique sans faire un grand enlèvement de terres ou sont des ossements et cendres des défunts ce qui est défendu par les lois et en outre qui laisse communauté entre les deux logements. Considérant que le plan est inexécutable, que l’ordonnance royale et l’acte d’acquisition de propriété doivent entièrement avoir leur exécution qu’il oblige la commune à faire deux logements distincts et séparés que l’exécution des dits actes et ordonnances est un moyen de justice et de tranquillité que les moyens d’y parvenir ne peuvent avoir lieu que de la manière ci après indiqués et suivants.

Le Conseil municipal délibère. Emet son avis que la commune soit autorisée à s’imposer extraordinairement au centime de francs de ses contributions et que cet impôt soit porté la recette et dépense au budget de 1835 pour la somme de cent cinquante francs pour faire face aux dépenses des séparations des deux logements précités. Que cette séparation sera construite sur les lignes tracées par le plan figuratif de ce que contiendrai chaque logement, sans communauté.

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Plan pour la distraction d’une partie du presbytère – Source : Archives départementales des Yvelines, 2021 1

L’ordonnance du Roi, en date du 14 mars 1839, confirme cette distraction.

Transcription de l’ordonnance :

Paris, le 14 mars 1839

Louis – Philippe, Roi des français,

A tous présents et a venir, Salut

Sur le rapport de notre Ministre Secrétaire d’Etat au département de l’Intérieur, Le Comité de l’Intérieur de notre Conseil d’Etat entendu, 

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. 1er

La commune de Bennecourt (Seine et Oise) est autorisée à distraire du Presbytère et à réunir au logement de l’instituteur, les dépendances désignées au plan dressé le 8 février 1838 par les lettres I K L M et O. Cette distraction aura lieu aux conditions et compensations acceptées par le Conseil municipal dans sa délibération du 15 février 1838.

Art. 2e

Notre Ministre Secrétaire d’Etat au département de l’Intérieur et notre Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Cultes, sont chargé chacun en ce qui les concernent de l’exécution de la présente ordonnance.

Donné au Palais des Tuileries, le 14 mars mil huit cent trente neuf.

Signé Louis – Philippe

Par le Roi :

Le Pair de France,

Ministre Secrétaire d’Etat au département de l’Intérieur, Signé Montalivet

Pour ampliation, Le conseiller d’Etat, Secrétaire général du Ministère de l’Intérieur, Signé Edmond – Blanc

 

 

 

 

 

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Conditions de vie à Bennecourt

Grâce à la monographie de l’instituteur réalisée en 1899 (source : Archives départementales des Yvelines, 1T mono 2/6), nous avons un portrait (orienté comme vous le verrez) des bennecourtois :

Bennecourt, entrée du village

Bennecourt, près Bonnières-sur-Seine – L’Entrée du Pays, source : Archives départementales des Yvelines, 137J 145/18

Etat physique et moral des habitants

L’habitant de Bennecourt est robuste, de taille au dessus de la moyenne, actif, laborieux, économe, bienveillant, bon époux et excellent père de famille, mais proche de ses intérêts.

Il est de plus intelligent et observateur.

La femme s’y livre aux travaux champêtres les plus rudes avec une grande ardeur. Vêtue d’un simple jupon, sans camisole ni corset, elle « houe » dans les vignes  par les chaleurs les plus fortes sans paraître en souffrir.

Habitations

Le logement se compose en général d’un rez-de-chaussée formant une ou deux pièces avec chambres au dessus. Lorsque celles-ci font défaut, les enfants couchent dans une alcôve souvent très exiguë. Outre le principal logement, le cultivateur a une cave creusée dans le roc et de grandes dimensions ou il met sa boisson, ses pommes de terre, ses betteraves, etc puis une grange, une étable, une écurie, un toit à porcs et un poulailler. La cour est petite et le jardin fait défaut presque partout.

La plupart des maisons sont cependant bien construites et dune façon régulière. L’air et la lumière y pénètrent facilement ; elles sont couvertes en tuiles ou en ardoises. (Il n’y a plus une seule maison couverte en chaume).

Les habitations des rentiers sont coquettes et entourées d’un jardin d’agrément.

Nourriture et boisson

La nourriture est généralement abondante, substantielle et saine. Elle se compose de lait, de légumes, de viande de porc, de veau, de mouton et de bœuf.

La boisson ordinaire est le cidre, la piquette et surtout le vin, liqueur favorite quand elle provient du pays même. Aux yeux de nos vignerons, aucun cru n’égale le petit vin de Bennecourt. Il est juste d’ajouter que ce produit de nos coteaux est délicieux lorsque les maladies cryptogamiques n’ont pas fait trop de ravage et que le raisin a bien mûri.

Habillement

Il était autrefois facile de reconnaître l’habitant de Bennecourt à sa petite blouse de toile en été, de laine en hiver. Aujourd’hui cette mode a presque entièrement disparu et le gilet à manches est apparu pour les jours de travail. Le dimanche et les fêtes, la coutume de la ville s’est implantée et le paletot ou l’habit ont remplacé l’antique sarrau court sans aucun souci des règles de l’hygiène.

Sans être aussi coquettes que les citadines, nos villageoises aiment à se parer gentiment. Les jours de fête surtout, les dames de la ville se distinguent difficilement au milieu des femmes de la campagne. Ces dernières ont cependant sur les premières l’avantage de la force et des vives couleurs.

Langage

Le langage est assez pur grâce à l’instruction primaire largement répandu depuis la loi du 28 mars 1882. Il existe cependant encore chez nous un ton lent et traînant de la parole qui trahit l’idiome normand et certaines expressions ou barbarismes don’t il faut nous débarasser à tout prix.

Exemples :

On prononce :

1° certains mots en eau comme s’ils étaient terminés en iau, biau pour beau, siau pour seau ;

2° certains mots en eur comme s’ils étaient terminés en eux, menteux pour menteur, tricheux pour tricheur ;

3° la syllabe ar comme er, cherrue pour charrue ;

4° certains mots en ier ou ière comme s’ils étaient terminés en quier ou en quière, morquié pour mortier, tabaquière pour tabatière ;

5° L’e fermé est souvent remplacé par l’e ouvert, marchè pour marché, pelletèe pour pelletée, bouchèe pour bouchée ;

6° dans les verbes, on emploie le pronom je pour le pronom nous à la première personne du pluriel, j’avons, j’irons pour nous avons, nous irons.

Les expressions corrompues les plus employées sont :

ben pour bien
bentôt pour bientôt
bloucle pour boucle
castrolle pour casserole
collidor pour corridor
cor pour encore
coïer pour collier
mitan pour milieu
errière pour arrière
gromand pour gourmand
lèvre ou lieuvre pour lièvre
itou pour aussi
j’ous-ti-ri pour avons nourri
la chaud pour le chaud
la froid pour le froid
mon cravate pour ma cravate
mule de blé pour meule de blé
ormoire pour armoire
sau pour saule
tabellier pour tablier
tatôt pour tantôt
tertous pour tous
tu crais pour tu crois
un noix pour une noix
vadange pour vendange
v’là pour voilà.
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Bennecourt, berceau de mes ancêtres Pernelle

Situation

Bennecourt est une commune rurale qui se trouve dans la partie nord-ouest du département des Yvelines, sur la rive droite de la Seine et sur le penchant d’une colline orientée assez au sud. Elle est également très proche des département de l’Eure et du Val-d’Oise.

Plan de Bennecourt

Plan de Bennecourt, en 1899 – Source : Archives départementales des Yvelines, 1T mono 2/6

Les communes qui la limitent sont : au nord, Gommécourt ; à l’est, Freneuse ; au sud, Bonnières-sur-Seine ; au sud-ouest, Jeufosse ; à l’ouest, Port-Villez et au nord-ouest, Limetz-Villez.

Outre le bourg principal, elle compte deux hameaux : Gloton et Tripleval.

La commune est riveraine de la Seine sur environ 5km et englobe plusieurs îles :

  • la Grande île
  • la Lorionne
  • l’île de la Flotte, prolongée par l’île de Merville.

Suite à la Révolution française et au découpage en département, districts, cantons puis communes, Bennecourt appartient au département de la Seine-et-Oise (et ce jusqu’en 1968), du district de Mantes et du canton et bailliage de la Roche-Guyon jusqu’en 1801. Elle fait en outre partie du diocèse de Rouen. Elle dépend par la suite du canton de Bonnières-sur-Seine.

Population

Les habitants de Bennecourt s’appellent les Bennecourtois.

La commune a été longtemps la plus forte en population, concernant le district de Mantes. Elle a même reçu pendant un temps le surnom de « Bennecourt-la-grande-paroisse ». En 1872, Bonnières la dépasse par suite de l’ouverture de plusieurs usines (notamment l’usine à pétrole de la société Lille et Bonnières, l’usine Gentil, fabrique d’engrais et une plâtrerie) qui nécessitent l’immigration d’un grand nombre d’ouvriers et en particulier de bretons. La population diminue de près de la moitié de 1817 à 1896 (-531 habitants). En effet, les jeunes partent de leur vie rurale et difficile pour des professions plus rémunératrices.

L’instituteur de Bennecourt, dans sa monographie de 1899 (source : Archives départementales des Yvelines, 1T mono 2/6) :

« Souvent les noms des personnes sont accompagnés de surnoms et de sobriquets. Quelques-uns s’expliquent par suite du grand nombre d’habitants portant le même nom et le même prénom. C’est ainsi qu’il y a actuellement à Bennecourt 9 personnes appelées PERNELLE Eugène.

Pour les distinguer, il est nécessaire d’ajouter à leurs noms le surnom de leurs ancêtres ou le prénom de leur père ; exemples : Pernelle Eugène, maçon ; Pernelle Eugène, fils Rémy ; Pernelle Eugène dit Dumoisson ; Pernelle Eugène dit Brune etc. »

Divertissement, manifestations culturelles et festivités

« Les jeux et les divertissements les plus en usage sont : le tamis, le domino, le billard, les cartes (écartés, piquet, manille etc.) pour les jeunes gens et les hommes et le bal pour les jeunes filles. »

Les fêtes sont en honneur et chaque hameau à la sienne :

  • la Saint-Ouen, à Bennecourt
  • la Saint-Jean, à Gloton
  • la Saint-Sauveur, à Tripleval.

La fête des Ponts : le 24 août 1884 eu lieu l’inauguration des 2 ponts routiers sur la Seine. Auparavant, la communication avec Bonnières se faisait uniquement par bac. La commémoration s’est continuée chaque année à la même date (Les ponts sont détruits en 1940 et reconstruits après guerre).

Fête des ponts, en 1899

Programme de la Fête des ponts, en 1899 – Source : Archives départementales des Yvelines, 1T mono 2/6

Lieux et monuments

  • A Bennecourt, l’église Saint-Ouen, datant de la fin du XIVe siècle
  • Le Fanum, vestiges d’un sanctuaire gallo-romain
  • A Tripleval, une chapelle de culte catholique (existance avant la Révolution)
  • Un Temple protestant (qui n’est plus en activité)

Histoire

Le nom de Bennecourt trouverait son origine à l’époque gallo-romaine, un sanctuaire gallo-romain a d’ailleurs fait l’objet de fouilles par le service archéologique du département (voir article dédié).

Au Moyen-Âge, Bennecourt de par sa proximité de la Seine et de Paris, connaît les invasions des vikings qui résident sur l’île de la Flotte.

Elle fera par la suite partie de la Seigneurie de la Roche-Guyon.

A noter, de célèbres visiteurs ont séjourné à Bennecourt, la plupart au hameau de Gloton, tels que Charles Daubigny, Cézanne et Claude Monet. Ce dernier y a peint l’oeuvre « La rivière, la Seine à Bennecourt ». Emile Zola a également séjourné à Gloton, Bennecourt apparaît d’ailleurs dans certains de ses écrits.


Sources complémentaires

Pour en savoir plus, quelques ouvrages disponibles en salle de lecture, aux Archives départementales des Yvelines :

Collection des Archives départementales :

  • BR 2325  ANNE (Albert), Les invasions Normandes dans la région de Bonnières aux IXe & Xe siècle, Luçon, Drapeau-compo, 1979
  • BR 2306  WALTER (Rodolphe), Zola à Bennecourt en 1867 : quelques aperçus nouveaux sur « Thérèse Raquin », Cahiers naturalistes, 1965
  • BR 2307  WALTER (Rodolphe), Zola et ses amis à Bennecourt (1866), Les cahiers naturalistes, 1961
  • BR 2830  WALTER (Rodolphe), Zola, la Commune et Bennecourt, Le Mantois (n°22), 1971

Fonds documentaire sur l’archéologie :

  • L78 BONN 000 011 BEN  BENHADDOU (Sophie). – Inventaire archéologique du canton de Bonnières-sur-Seine, de Bennecourt à Gommecourt ( volume 2/A). .- Paris : S.n, vol. 2/A, 1987 : fiches
  • L78 BENN 300 041 BOU  BOURGEOIS (Luc). – Le sanctuaire rural de Bennecourt (Yvelines) : du temple celtique au temple gallo-romain. .- Paris : MSH (Maison des Sciences de l’Homme), 1999, 217 p. : ill. (Documents d’archéologie française (DAF)) (77)
  • 300 042 FAU  FAUDUET (Isabelle). – Les temples de tradition celtique en Gaule romaine. .- Paris : Errance, 1993, 159 p. : ill. (Hespérides)
  • L78 300 014 BOU  BOURGEOIS (Luc). – Rapport préliminaire n°3 : Bennecourt et Limetz-Villez : « La butte du Moulin à Vent ». in :Annales Historiques du Mantois.- Mantes-la-Jolie : Centre régional d’études historiques, vol. 12, 1983, pp. 79-86 : ill.
  • L78 LIME 300 014 COL  COLLECTIF. – Fouilles archéologiques : « Bosse Marnière » à Limetz-Villez, « Moulin à vent » à Limetz-Villez/Bennecourt. in :Le P’tit Carcaïen.- Limetz-Villez : ADIC, 1983, pp. 4

 

 

 

 

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Avant-propos

Ce 1er juin commence le challenge d’écriture ChallengeAZ proposé par Sophie Boudarel (blog Gazette des ancêtres) depuis 5 ans.

alphabet

Après moult hésitations, je me suis lancée dans l’aventure pour la 3ème année consécutive. Ce qui m’a décidé : une découverte qui m’a conduit à en faire d’autres.

Ces découvertes concernent mes aïeux directs à la 6ème génération : Jean-Baptiste Georges Gabriel PERNELLE et son épouse Marie Julienne LECLERC (voir leur généalogie). Ce couple est originaire d’une petite commune rurale des Yvelines : Bennecourt.
Ils s’y marient le 24 janvier 1856 et auront 11 enfants nés entre 1857 et 1876 :
– Jean-Baptiste Charles Appolinaire (1857 – ?)
– Marie Venance (1859 – 1864)
– Charles Benjamin (1860 -?)
– Léger Auguste (1862 – ?)
– Marie Emilienne (1864 – ?)
– Georges Abailard (1865 – 1881)
– Marie Virginie (1867 – 1869)
– Louise Angélique (1869 – ?)
– Marie Angélique (1871 – 1951)
– Rose Hélène (1873 – ?)
– Louis Ollivier (1876 – 1965)

À travers les lettres de l’alphabet et à l’aide de quelques archives glanées aux Archives départementales des Yvelines, je vous ferais découvrir une partie de la vie, de l’environnement et en particulier l’habitat de ces ancêtres.


Pour rappel, je vous ai déjà parlé de leur fils Charles Benjamin, mon aïeul direct à travers les articles :

P comme Pernelle

X comme série X

La mâratre de Fains

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Noces de platine

À l’occasion des noces de platine de mes grands-parents (eh oui déjà 70 ans de mariage!), j’ai eu envie de raconter un peu leur histoire.

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Pépé, Colletion personnelle

Pépé (de son prénom Raymond) naît en mars 1928 à Évreux, chez ses parents, 79 rue de Paris. Son père travaille en tant que chauffeur de fours à la Compagnie du Gaz et sa mère ne travaille pas à ma connaissance. Il est le 4ème d’une fratrie de 5 enfants (3 filles, 2 garçons). Ils ne seront rapidement plus que 4 suite au décès de son frère aîné.

Sa maison est une maison d’ouvrier à bas coût qu’ils ont via la Compagnie du Gaz. Ils ont l’électricité en bas mais pas à l’étage, il ne faut pas gâcher car a priori, au moins pendant un temps, ce qu’ils ne dépensent pas en électricité leur permet d’avoir une « prime » en remboursement.
Pépé se débrouille pour avoir l’électricité dans sa chambre en bidouillant les fils et fait attention de tout bien cacher tous les matins. Ses sœurs l’accusent de bouffer le pétrole (utilisation de lampe à pétrole à l’étage) car elles voient tout le temps de la lumière sous la porte.

Il va à l’école Jean Moulin avec son cousin Claude ayant le même âge. Comme beaucoup de gamins ils font les cent coups ensemble par exemple le lancement de billes de buvard trempées dans l’encre dans le dos de leur instituteur.

Il se destine à travailler dans la mécanique, il travaille d’ailleurs pendant un temps dans un garage Renault ; malheureusement, la guerre éclate. Trop jeune pour aller au front, il devient aide dans une boulangerie. Il en profite pour chiper le pain réservé aux allemands.
Il travaille ensuite au mess des officiers à la kommandantur. Il décharge entre autres les camions de marchandises. Ce poste lui permet d’avoir un laissez-passer car cette mission le faisait rentrer après le couvre-feu. Il en profite pour se servir en denrées alimentaires dans les réserves allemandes : chocolat, poulet… Bref pépé se débrouille pour ne pas avoir faim 🙂


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Mémé, Collection personnelle

Mémé (de son prénom Germaine) naît en décembre 1930 à Évreux au domicile de ses parents, 127 rue David. Son père travaille ici et là tantôt en tant qu’emballeur, magasinier ou terrassier. Sa mère travaille en tant que tisserande mais surtout à l’hôpital de Saint-Michel (nettoyage des malades, changement des draps…). Elle est la 3ème d’une fratrie de 7 enfants (5 filles, 2 garçons). Ils déménagent rapidement au Champ d’Enfer.

Quand elle est jeune et encore plus pendant la guerre, elle aime aller braconner avec son père dans la forêt à côté de chez eux. Mon arrière-grand-père ramenait souvent du « lapin » sans tête  (en fait c’était des chats) et le serpent même coupé sautait encore dans l’assiette.

Vers 1944, elle travaille chez un gendarme du côté des Nouvelles Galeries, mais cela ne se passe pas bien. Elle travaille ensuite en tant que tisserande à l’usine Malatiré-Lecoeur.

Pendant la guerre, elle et sa famille parte en exode autour d’Évreux pour éviter les bombardements. Son plus jeune frère attrape d’ailleurs une méningite à cause de cela.


La rencontre

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Photographie de mes grands-parents lors de leur rencontre, collection personnelle

Tous les ans une fête foraine s’installe sur la place du Champ d’Enfer (au niveau de l’actuel collège Politzer). Mémé habite à côté et va sur la fête avec ses sœurs et son frère. Pépé quant à lui travaille sur la fête, notamment au manège de la chenille. C’est sur ce manège qu’ils se rencontrent en 1945.

Ils se fréquentent pendant 1 an et demi avant de se marier…

La famille

Ils se marient le 5 mars 1947 à l’âge respectif de 18 et 16 ans, mémé met au monde ma tante Jacqueline  6 mois plus tard.

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Photographie de mes grands-parents dans le bois de Saint-Michel, collection personnelle

Ils habitent à Évreux. Dans un premier temps, ils habitent au 34 rue des Lombards puis, vers 1957-58, ils font construire une maison dans le quartier des Dominicaines. En ce temps-là, il y n’a pas d’immeuble et encore beaucoup de champs, la ferme où ils s’approvisionnent en produits laitiers n’est d’ailleurs pas loin. Ils ont déjà 4 enfants.

Pépé travaille aux Usines de Navarre pendant 36,5 ans, jusqu’à sa retraite en 1988. Il s’y rend en mobylette, quand j’étais petite c’était toujours le cas. Aux usines, il conduit un « Clark », un élévateur pour le chargement et déchargement des marchandises.
Mémé quant à elle arrête rapidement de travailler (après son deuxième enfant) afin de s’occuper de sa nombreuse progéniture : 12 enfants au total (7 garçons, 4 filles + 1 fille morte-nėe) en l’espace de 26 ans.

Entre 1977 et 1979, mémé reçoit la médaille de la famille nombreuse.

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Photographie de mes grands-parents et d’une partie de leurs enfants et petits-enfants lors de la remise de la médaille de la famille nombreuse, Collection personnelle

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Photographie de ma grand-mère et de ses 6 premiers petits-enfants, années 70, Collection personnelle

Noces d’or
Une grosse réunion de famille se tient à l’occasion de leurs noces d’or. Ils repassent devant monsieur le Maire à cette occasion.

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Photographie de mes grands-parents entourés d’une partie de leurs enfants et quelques petits-enfants, 5 mars 1997 à la Mairie d’Evreux

Noces de platine

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Photographie de mes grands-parents, 5 mars 2017, Collection personnelle

Aujourd’hui nous avons fêté les noces de platine de mes grands-parents. Nous leur avons fait la surprise de les attendre au restaurant. Tout le monde ne pouvait pas être là, en effet à l’heure d’aujourd’hui, mes grands-parents ont 31 petits-enfants (âgés de 46 à 14 ans) et 18 arrières-petits-enfants (à ma connaissance) et un en route :p

Si on se regroupait tous on serait pas loin de la centaine…

Une journaliste est venue pour couvrir l’événement, on attend avec impatience de pouvoir lire l’article dans l’Eure Info et/ou la Dépêche  🙂

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Bilan généalogique 2016

Mon année généalogique s’est concentrée essentiellement sur le premier semestre.

Côté recherches :

  • J’ai eu l’occasion de continuer de travailler sur mes générations 4 à 8 (voir mon projet), j’ai pu trouvé 9 actes de décès d’aïeux directs et compléter différentes familles.
  • Je me suis déplacée dans différentes salles de lecture :
    • Archives de Paris et Archives départementales du Val-de-Marne pour continuer les recherches sur « mes » Schneider
    • Archives municipales d’Evreux et le Pavillon Fleuri pour mes recherches sur le couple Pernelle/Miserey (voir article La Marâtre de Fains) et sur Germain Percebois (voir articles Drame passionnel, partie 1 et partie 2)
  • Via ma mère qui est mon relais auprès de ma famille maternelle, j’ai pu récupéré :
    • des photographies suite à un tri de ma grand-mère vieilles-photos
    • des données de généalogies descendantes (mariages de mes cousins/cousines et naissances qui en découlent notamment)

Tout cela m’a permis de modifier 184 fiches et d’en créer 118.

J’ai également été interviewé par le blog My Heritage (voir mon interview).

Côté collaboration :

Côté blog :

Ayant publié principalement lors du premier semestre, je n’ai publié que 28 articles dont 21 pour le Challenge AZ (voir le bilan du challenge).

Les articles les plus vus sont étonnamment les premiers et le dernier de l’année :

Les termes de recherches ont augmenté cette année. On arrive sur mon blog via des recherches sur : drame passionnel, deuxième guerre mondiale, saint-maur-des-fossés, moulin, schneider, conard… et THE MUST « ce qui cous la misere enter un couple marie »

Certains membres de ma famille ont lu mon blog cette année et cela me fait très plaisir. Notamment le commentaire de mon cousin Jean-Jacques qui habite au Panama « Bravos cousine. J’ai appris plus en une lecture qu’en une vie sur la famille de ma maman. »

Mes envies pour l’année 2017 restent les mêmes que l’année dernière (voir le bilan 2015) mais je ne reste pas bloquée dessus et ne m’impose rien, on verra donc ce que l’année 2017 m’apportera, surprise!!!

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Bilan du Challenge AZ 2016

J’ai longtemps hésité à participer au ChallengeAZ de cette année : changement de boulot et concours au mois de mai me faisaient craindre un manque de temps. Finalement le manque de temps est arrivé à cause des intempéries qui ont rallongées sérieusement mes journées et réduit à néant ma maigre avance dans le challenge…
Je suis plutôt fière d’avoir réussi à aller quasiment jusqu’au bout : il ne m’a finalement manqué que 5 articles (les lettres T, U, W, X et Z) pour y arriver, mais passé mi-juillet j’ai abandonné l’idée de les écrire…
Vu mon amour des histoires judiciaires, j’ai particulièrement aimé rédiger les articles H comme Le Havre et V comme Vouziers retraçant le parcours juridique de mon aïeul Pierre Marie Le Goff.
J’ai également aimé faire des hommages à certains de mes aïeux via les articles D comme Dortmund, F comme Fort-de-France et Y comme Yerres. Et enfin pouvoir faire un clin d’oeil à mon ancien travail aux archives municipales avec B comme Boulogne-Billancourt.
Merci aux lecteurs de ces articles (et encore plus à ceux qui les ont commentés ☺ ) ainsi qu’a ceux qui les ont diffusés. Merci également à tous ceux qui m’ont encouragé à tenir le coup cette année, notamment à mes parents qui sont de fidèles lecteurs.
Pour ma part je n’ai que très peu lu vos proses pour le moment, j’espère trouver le temps de le faire cet été …