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Surprise dans la presse

À l’occasion de la semaine de la presse, les archives départementales des Yvelines ont remis certains périodiques en ligne (certes non océrisés, comme cela l’était dans l’application Le Kyosque, mais c’est prévu ultérieurement…).

Grâce à cette mise en ligne, j’ai ENFIN pu commencer à rechercher des éléments dans Le Journal de Mantes. J’ai regardé rapidement des dates pour lesquelles j’avais connaissance d’éléments de jugement. J’ai ainsi pu trouver un complément d’informations via 3 articles de presse pour l’article P comme … Pernelle (mise à jour prévue ultérieurement).

J’ai également trouvé un nouvel élément pour lequel il faudra creuser concernant Jean-Baptiste Pernelle (père de Charles Benjamin).

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Archives départementales des Yvelines, PER 1060 – Journal de Mantes du 29 juillet 1892

DÉNONCIATION CALOMNIEUSE. – Pernelle, J.-B., 65 ans, ancien menuisier à Bennecourt, est inculpé d’avoir écrit au parquet des lettres anonymes et dénonciatrices contre un nommé Hurel, aujourd’hui à Paris. Des rapprochements faits de son écriture, de l’encre employée et de l’orthographe des dénonciations, il résulte, pour le tribunal, que Pernelle est bien l’auteur des dénonciations. Condamnation à 300 fr. d’amende et aux dépens.

Il ne me reste plus qu’à chercher ce jugement…

Je pense éplucher scrupuleusement Le Journal de Mantes, mes ancêtres me réservent encore quelques surprises…


Pour lire ou relire mes articles concernant mes ancêtres dans la presse : La mâratre de Fains , Drame passionnel : épisode 1 et épisode 2 , P comme Paris

Pour savoir ce que l’on peut chercher comme éléments pour sa généalogie dans la presse : guide Utiliser la presse ancienne en généalogie de Laurence-Abensur Hazan aux éditions Archives et culture.

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V comme Vouziers

J’ai déjà mentionné Pierre Marie Le Goff et ses démêlés avec la  justice dans mon article H comme Le Havre.
L’affaire la plus intéressante que j’ai pu trouver sur lui a été jugée au Tribunal de Vouziers.
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Extrait du jugement de Pierre Marie Le Goff du 24 mars 1920 au Tribunal de Vouziers – Sources : Archives départementales des Ardennes, 8U825 et 8U845

Nous sommes le 29 février 1920  à l’entreprise Oréfice, située dans la commune de Monthois (Ardennes). Vers sept heures du soir, alors qu’ils sortaient tous de souper, les ouvriers de l’entreprise se rendent à leur baraquement pour se coucher. Pierre Marie Le Goff est alors ivre. Plusieurs de ses camarades disent que lorsqu’il est ivre, ce qu’il est souvent, il cherche querelle aux autres ouvriers,  il est mauvais et violent.
Chacun a sa version des faits.
Pierre Marie Le Goff relate les faits ainsi :  « je suis rentré au baraquement où couchent les ouvriers de l’entreprise, j’étais en état d’ivresse. A ma rentrée, sans provocation de ma part, le magasinier Drumel m’a insulté grossièrement et m’a porté plusieurs gifles sur la figure. Surexcité j’ai pris dans le poêle une bûche enflammée et j’en ai porté un coup à Drumel ; j’ignore où je l’ai atteint. Aussitot d’autres ouvriers m’ont mis dehors en me portant des coups de poing dans la figure et des coups de pieds dans les côtes. Je n’ai cherché querelle à personne ; c’est Drumel qui m’a provoqué.
J’étais ivre, mais pas hors de raison. Je n’ai pas vu si la bûche enflammée dont je me suis servi avait communiqué le feu aux effets et à la literie.« 
Les autres témoins ont quelques variantes :
Charles Edmond Drumel, 53 ans, charpentier à l’entreprise Oréfice, à Monthois, né à Mourmelon-le-Grand, arrondissement de Châlons-sur-Marne, le 23 janvier 1867, fils des feus Eugène et Gabreau Esther, veuf sans enfant, déclare :
« Hier vers 17 heures, le nommé Le Goff qui travaille à l’entreprise Oréfice, est rentré ivre au baraquement, où les ouvriers couchent en commun. A peine était-il rentré que cet homme a cherché querelle aux autres ouvriers. En ma qualité de garde magasin, à la dite entreprise, j’ai dit à Le Goff, d’aller se coucher et de laisser ses camarades tranquilles. A ce moment un ouvrier Louis Geoffroy, rentrait au baraquement, sans provocation, Le Goff a essayé de se jeter sur lui, pour le frapper. J’ai repoussé Le Goff, l’empêchant de porter des coups à Geoffroy. Surexcité, cet homme a saisi une bûche de bois, mesurant environ 1m60, qui se consumait dans un poêle, et m’en a porté un violent coup en haut, au dessus de l’oeil gauche, m’occasionnant une profonde blessure, et plusieurs brûlures.
Le morceau de bois avec lequel Le Goff m’a frappé, étant enflammé, des charbons s’en sont détachés et sont tombés tant dans mes vêtements que sur plusieurs lits. Mes effets et le matériel de couchage prenaient feu, et sans l’intervention d’autres ouvriers, le baraquement, où nous couchions aurait certainement été brûlé.
Lorsque Le Goff est rentré, il sortait du réfectoire de l’entreprise. Aucun ouvrier ne lui a dit quelque chose, c’est lui seul, qui a provoqué ses camarades et m’a frappé ensuite avec tant de brutalité.
Je souffre beaucoup et j’attends le docteur Mareschal demandé par téléphone.« 
Louis Geoffroy, 34 ans, manouvrier à l’entreprise Oréfice, demeurant actuellement à Monthois, domicilié à Montigny-le-Roi (Haute-Marne), déclare :
« Hier 29 février 1920, vers 19 heures, je rentrais au baraquement où couchent les ouvriers de l’entreprise Oréfice, lorsque j’ai trouvé Le Goff couché sur mon lit. J’ai dit à cet homme, bien posément, il faut vous retirer, pour que je me couche. Cet homme en état d’ébriété m’a dit aussitôt « Que dis-tu galopin, as-tu envie que je te casse la gueule » puis joignant l’action à la parole, il a essayé de me porter des coups de poing. Plusieurs camarades présents, notamment le garde magasin Drumel, ont repoussé Le Goff. Celui-ci furieux a retiré du poêle, une grande bûche de bois enflammée et en a porté un violent coup en bout à Drumel, au dessus de l’oeil lui faisant une grave blessure et de nombreuses brûlures. Par suite du choc, des charbons s’étant détachés de la bûche enflammée ont communiqué le feu à nos effets et au matériel de couchage ; sans notre intervention immédiate, le baraquement en planches aurait été brûlé. A la suite de cette scène, Le Goff a été expulsé du baraquement par ses camarades.
Legoff est un mauvais sujet, chaque fois qu’il est ivre, ce qui lui arrive fréquemment, il cherche dispute aux autres ouvriers.« 
Léon Frémeaux, 51 ans, journalier à l’entreprise Oréfice, demeurant à Monthois, sans domicile fixe, déclare :
« Le 29 février 1920, vers 19 heures, je me trouvais au baraquement, où logent les ouvriers de l’entreprise Oréfice, quand Legoff y est rentré en état d’ivresse. Cet homme, aussitôt, a cherché querelle aux ouvriers, comme il l’avait déjà fait dans l’après-midi ; nous ne lui avons pas répondu. Quelques instants après, Louis Geoffroy est rentré ; trouvant Legoff couché sur son lit, il lui a dit « il faut vous retirer » , Legoff l’a aussitôt insulté et a essayé de lui porter des coups de poing. Avec l’aide de Drumel, nous avons repoussé l’agresseur. Furieux Legoff a retiré d’un poêle, une bûche enflammée et en a porté un violent coup à Drumel l’atteignant à l’oeil gauche. Nous avons aussitôt expulsé Legoff du baraquement.
Des charbons s’étant détachés de la bûche, un commencement d’incendie s’était déclaré, dans nos effets et dans la literie. Nous l’avons éteint il est vrai, mais plusieurs effets, linge et literie, ont été détériorés. Plusieurs fois déjà Legoff à cherché querelle à ses camarades, c’est toujours lorsqu’il est ivre que des disputes arrivent. Il est mauvais et violent lorsqu’il a bu. »
Marius Elsensohn, 32 ans, terrassier à l’entreprise Oréfice, demeurant à Monthois, domicilié à Épinal, impasse du quai de juillet n°3 (Vosges), déclare :
« Le 29 février 1920, vers 19 heures, Legoff, en état d’ébriété, a cherché dispute, aux autres ouvriers. Prenant à partie le garde magasin [manque une page]
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Lettre de Pierre Marie Le Goff en date du 21 mars 1920 demandant au Procureur de lui fournir un avocat commis d’office – Sources : Archives départementales des Ardennes, 8U825 et 8U845

Néanmoins, lors du jugement de Pierre Marie, Charles Edmond Drumel est parti de l’entreprise sans laisser d’adresse.
Pierre Marie ajoute que le matin des faits, les autres ouvriers l’avaient provoqué.
Louis Geoffroy donne quelques éléments supplémentaires qui permettent de mieux comprendre l’état d’excitation de Pierre Marie : J’ai vu les faits, on rentrait de souper à la cantine, on allait nous coucher. Le Goff était sur mon lit, je lui dis je vais me coucher, il faut partir. Drumel était ainsi que Le Goff, en état d’ivresse. Le Goff voulait me frapper. Drumel l’avait menacé d’un fusil qui était dans son logement. Étant ivres tous deux, Le Goff voulait me frapper, Drumel [a sauvé], il a menacé de son fusil Le Goff étant allé le chercher, en a menacé Le Goff. Avant de recevoir le coup de buche de Le Goff, Drumel en avait menacé de son fusil Le Goff. Ce fusil était dans la chambre de Drumel et c’est après le coup de bûche que Drumel est allé chercher son fusil, mais avant de recevoir le coup de bûche, Drumel avait donné une gifle à Le Goff. La bûche était un grand chevron, qui était dans le poêle et qui sortait de 1m50 du calorifère. Le Goff m’avait menacé, mais pas frappé. Il a lancé la bûche enflammée, en la tenant, dans la figure de Drumel.
 
Pierre Marie sera condamné à 1 mois d’emprisonnement pour coups et blessures volontaires et incendie d’objets mobiliers appartenant à autrui.

Grace à ces dossiers j’ai également la description physique de Pierre Marie en 1920
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Signalement de Pierre Marie Le Goff – Sources : Archives départementales des Ardennes, 8U825 et 8U845

Signalement : taille 1m69, cheveux et sourcils châtain foncé, front intermédiaire, yeux bleus, nez rectiligne sinueux, bouche moyenne, visage ovale, menton allongé. M.P. tatouage sur le bras gauche, représentant deux drapeaux croisés, entourés d’une couronne de feuillage porte en haut classe 1895.
Un grand merci au fil d’ariane et à la personne qui a bien voulu me faire la recherche du jugement aux Archives départementales des Ardennes.
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P comme Paris

Il y a quelques temps, je furetais sur Gallica en tentant de rechercher mes patronymes, après tout, cela m’avait bien réussi concernant Germain Percebois.

J’ai donc recherché « Victor Schneider » en espérant trouver des faits divers dans les journaux concernant Victor Gabriel.

Grâce à cette recherche, je suis tombée sur l’article suivant tiré du journal La Lanterne du 9 décembre 1894.

Journal La Lanterne, numéro du 9 décembre 1894

Extrait du journal La Lanterne en date du 9 décembre 1894 – Source Gallica

 

Voleurs de becs de gaz – Pendant la nuit en face le numéro 1 de la rue Saint-Ferdinand, des gardiens de la paix ont arrêté les nommés Clovis Jules, fumiste ; Schneider Victor, plombier ; Eugène Lemercier, plombier et Chasse Gustave, cocher, qui volaient des becs de gaz placés devant la boutique d’un boucher. L’un d’eux faisait le guet tandis que les autres portaient dans la voiture de Chasse les becs de gaz.
Serait-ce le père de Victor Gabriel : Victor Schneider? Les âge, lieu et profession coïncident! J’ai commencé les recherches dans les registres de justice aux Archives de Paris mais je n’ai encore rien trouvé!
J’ai hâte de pouvoir confirmer ma théorie (l’infirmer serait nul!).
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H comme Le Havre

Pierre Marie Le Goff est né le 7 mars 1875 à Ergué-Armel,  commune actuellement rattachée à celle de Quimper (Finistère). Il exerce la profession de ferblantier.
Il arrive sur Évreux vers 1891 et s’y marie le 16 février 1901 avec Marie Dufay. Il reconnaît un fils, né en 1890, lors de son mariage. Un deuxième  fils naît le 5 novembre 1901, il ne le connaîtra que très peu.
En effet, quelques mois plus tard, il n’habitera déjà plus au foyer conjugal. Il affirmera d’ailleurs être célibataire par la suite. Je n’ai pourtant trouvé aucune mention d’un divorce mais lors du mariage du second fils, il est mentionné qu’il ne connait pas l’adresse de son père.
En effet, il bougera beaucoup. Il passera par Lorient, Saint-Malo,  Pithiviers, Boigneville, Paris et un bref retour à Ergué-Armel avant d’être mobilisé pendant toute la durée de la première guerre mondiale. Il y retournera d’ailleurs en 1919 mais n’y restera pas longtemps. Il retournera sur les routes en passant entre autres par Châlons-sur-Marne, Paris, Vouziers et Melun où je perds sa trace en 1924.
Cet aïeul est un peu instable comme vous pouvez vous en rendre compte. Dans ses nombreux déplacements il a d’ailleurs plusieurs démêlés avec la justice.
Son premier jugement se déroule au Tribunal Correctionnel du Havre.
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Jugement de Pierre Marie Le Goff en date du 16 décembre 1907 – Source : Archives départementales de Seine-Maritime, 3U2 1079

Nous sommes en octobre 1907, Pierre Marie qui est ferblantier doit surement en profiter pour grappiller du zinc à son patron, en tout cas c’est ce que je suppose.
En effet, il est accusé  d’avoir soustrait frauduleusement une certaine quantité de zinc au préjudice du sieur Kauffman.
Il n’est pas le seul à être jugé. Pierre Marie a refourgué sa marchandise à Louise Victorine Sohier femme Béret.  Cette dernière est donc accusée d’avoir acheté la marchandise sans connaître ni le nom ni l’adresse du vendeur et sans faire certifier son identité.
Pierre Marie est condamné par défaut à 1 mois d’emprisonnement pour vol le 16 décembre 1907. Sa condamnation lui sera signifiée le 26 janvier 1910.
Le sieur Kauffman est-il son patron ? Si entreprise il y a, se trouve-t-elle au Havre ou dans la commune de Graville, Pierre Marie habitant au 290 route Nationale a Graville?
Suite au prochain épisode avec la lettre V comme Vouziers..
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Victor Gabriel : ce petit délinquant…

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Victor Gabriel Schneider (1875-1956)                 collection personnelle

Je ne sais plus si j’en ai déjà parlé, mais j’adore les fonds de justice. Je trouve ces fonds extrêmement riches et, contrairement à d’autres documents d’archives, ils concernent absolument tous les niveaux sociaux.

C’est pourquoi lorsque j’ai découvert sur le recrutement militaire de mon arrière-grand-père plusieurs jugements cela m’a extasié.

Victor Gabriel Schneider est le fils de Victor et de Marie Jeanne Laminette. Il est né le 3 avril 1875 à Paris 18e.

Il sera plombier, couvreur et zingueur durant sa vie.

Il se marie le 13 octobre 1906 à Ernée (Mayenne) avec Philomène Clémentine Renée Boulanger, ils auront 4 fils :

Il vivra à partir de 1910 et cela jusqu’à sa mort le 14 janvier 1956 au 14 avenue Galilée à Saint-Maur-des-Fossés.

 

Victor Gabriel a ses premiers démêlés avec la justice le 16 octobre 1891. Il a 16 ans. Lors de la découverte de la cause du jugement j’ai failli explosé de rire…

Le jugement a lieu à la 10ème Chambre du Tribunal Correctionnel de la Seine le 17 novembre 1891.

Archives de Paris – D1U6 409

 

Transcription partielle :

C.D : Schneider Victor Gabriel, 16 ans, plombier né à Paris 18eme arrondissement, le 3 avril 1875 fils de Victor et Marie Jeanne Laminette, demeurant à Paris, rue Sainte Marie n°5
C.D : Issaurat Alfred Auguste, 14 ans vaneur né au Parc St Maur le 22 décembre 1876, fils de Albert Louis et de Aurore Amélie Adelina Dherber, demeurant à Paris rue [Ramerf] n°35
Civilement responsable : Schneider Victor demeurant à Paris, rue Ste Marie.. Défaillant
Civilement Responsable : Issaurat Albert 44 ans, employé, demeurant à Paris rue [Ramerf] n°35

Outragerie – Tapage
le 16 octobre 1891 à Paris, Schneider Victor Gabriel et Issaurat Alfred ont outragé par paroles des agents dépositaires de la force publique dans l’exercice et à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions en criant : « Voila les vaches, morts aux vaches » ce après constitue le délit prévu et puni par l’article 224 du Code pénal […] Attendu enfin que Schneider et Issaurat pères ont manqué de surveillance à l’égard de leurs enfants mineurs demeurant avec, qu’il y a lieu en conséquence de les en déclarer civilement responsable […] condamne Schneider Victor Gabriel et Issaurat Alfred Auguste, chacun et solidairement à 16 francs d’amende et condamne en outre solidairement avec Schneider Victor et Issaurat Albert ces deux derniers comme civilement responsable seulement aux dépenses liquidés à la somme de 11 francs 25 centimes + 2 francs pour droits de poste

Il aura six autres jugements entre 1892 et 1909 dont le port d’un couteau à ressort hors de son domicile, le vol d’une certaine quantité de chaussures ou encore d’un lingot d’étain, rien de bien méchant ni de très grave …