Q comme … Querneau

signature Querneau

Selon le dictionnaire des noms de famille breton d’Albert Deshayes, les Querneau ou Kerneau sont originaires de la région de Quimper ou du nord du Finistère. Les miens m’emmènent à Lézardrieux au nord des côtes d’Armor dans la presqu’île sauvage du Trégor.

Archives Départementales des Côtes d'Armor - 16Fi2352_2126

Archives Départementales des Côtes d’Armor – 16Fi2352_2126

Je ne sais malheureusement pas grand chose sur eux, les métiers ne figurant pas sur les actes en ma possession. Étaient-ils cultivateurs, pêcheurs, coupaient-ils le goémon ? Je sais juste qu’ils étaient « d’honorables gens » … Qu’est-ce que cela veut dire ? est-ce une formule bateau du curé ?

Mariage d'Henry Kerneau et Françoise Lucas le 30 janvier 1695 à Lézardrieux  Source Archives Départementales des Côtes d'Armor - 5Mi 278, vue 79

Mariage d’Henry Kerneau et Françoise Lucas le 30 janvier 1695 à Lézardrieux
Source Archives Départementales des Côtes d’Armor – 5Mi 278, vue 79


La coupe du goémon, dénommée le berce, était parfois une véritable fête, comme l’illustre ce témoignage en rivière de Lézardrieux :

« Quelle fièvre dans cette foule de coupeurs de varech ! Un rocher plus riche que les autres est en quelque sorte pris d’assaut avant que la mer ne l’ait abandonné. Peu importe le sexe, l’âge, tous participent à cette immense razzia. Il n’est pas jusqu’au dernier marmot qui, tout fier de sa petite faucille, ne croie puissamment concourir à ce grand travail en tranchant ses une ou deux touffes de goémon. Pendant que les uns coupent, d’autres rassemblent en tas la récolte et la transportent au moyen de civières, soit à leurs embarcations, soit à des charrettes dont le robuste attelage se compose de 4 à 5 chevaux. Rien de splendide comme un de ces lourds véhicules ployant sous le poids d’une montagne toute ruisselante de plantes marines, d’algues balayant la grève de leurs larges feuilles semblables à de transparentes écharpes aux couleurs de bronze florentin. Impatient de ramener à la ferme son trésor humide, exhalant encore les senteurs de la mer, l’attelage lui-même s’anime, surexcité par le bourdonnement, par les cris de la fourmilière humaine qui l’entoure, et secoue joyeusement ses colliers garnis de grelots tapageurs, ses harnais garnis de houppes multicolores. L’heure avance, la marée monte. On se dépêche, on se presse : le flot n’attend pas. Gare aux traînards ! Le courant arrive, foudroyant, rapide : malheur aux pauvres gens qui, n’ayant ni bateaux, ni voitures, on trop vite ou mal assemblé avec de faibles amarrages, en une meule flottante, le produit de leur labeur ; en un instant, sa dispersion est complète. Adieu la prospérité future de leur petit coin de terre. Heureux encore ceux qui, dans cette circonstance, hélas assez fréquente sur nos grèves, ne payent pas de leurs jours leur imprudence2. »

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s