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Vignes et vignoble à Bennecourt

La culture de la vigne a été très importante pour mes ancêtres de Bennecourt. Elle figure d’ailleurs sur le blason de la commune.

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Les armes de Bennecourt se blasonnent ainsi : d’azur à la grappe de raisin tigée et feuillée d’or, accostée de deux épis de blé du même, au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d’or. Les épis de blé et la grappe de raisin évoquent les cultures principales de la commune (pour la vigne il s’agit d’une culture disparue) tandis que les trois étoiles en chef symbolisent les trois noyaux urbains de Bennecourt, Gloton et Tripleval – Source : site internet de la commune de Bennecourt

En 1790, la commune accuse près de 200 hectares de vigne. En 1901, elle n’occupe plus que le quart de cette superficie. Cette diminution provient des mauvaises récoltes qui se sont produites pendant plusieurs années par suite de gelées et de maladies cryptogamiques (mildiou et oïdium).

Extraits de la  monographie de l’instituteur Jules Signol, réalisée en 1899 (source : Archives départementales des Yvelines, 1T mono 2/6) :

Les 150 hectares délaissés par la culture de la vigne ont été remplacés par les haricots (2 ha), les pois verts vendus au quintal (25 ha), les asperges (20 ha), les pommiers à cidre (3 ha), les poiriers (5 ha), les abricotiers (12 ha), les pruniers (2 ha), les cerisiers (4 ha), les cassis (15 ha) etc.

Pendant un temps la vente des abricots donne de beaux bénéfices aux cultivateurs mais à la suite d’attaques de la chématobie, un grand nombre de cultivateurs le remplace par la vigne plantée en rang.

La plantation en paquet est abandonnée complètement par la jeune génération qui reconnait les inconvénients de la vieille méthode et les avantages de la nouvelle. Les façons se font mieux et plus vite, la vigne est plus vigoureuse puisque le nombre de ceps est moins grand pour une même étendue et le sulfatages ou soufrages sont rendus faciles.

Le ban des vendanges plus malgré toute l’importance qui y était autrefois attachée. La garde nationale était même chargée de veiller à son exécution et d’arrêter les voleurs de raisin.

Témoin, cette déclaration du 18 septembre 1790 :

« Ce jourd’huy, samedi dix-huit septembre mil sept cent quatre-vingt-dix six heures du soir sont comparus au greffe de la chambre municipale Charles Pernelle, Victor Pernelle, Louis Le Vasseur, Pierre André Pernelle des Carrières, soldats de la arde nationale lesquels sont arrivés en la maison commune saisies de trois inconnus et ont fait leur rapport, savoir par Victor Pernelle avoir aperçu deux des inconnus dans les vignes lieu dit les mervilles cueillant du raisin, que plusieurs personnes ayant crié à la garde, main forte est arrivée audit Victor Pernelle par les dits Charles Pernelle, Louis Levasseur, Pierre André Pernelle lesquels ont saisi les dits trois inconnus qui rejoignais promptement un bateau au port de Bennecourt montant, qu’ils les ont amenés saisis d’une grappe de raisin et les avoir vu en donner aux compagnons du dit bateau mais que cependant le troisième inconnu a été renvoyé n’étant point de ceux trouver dans les vignes et un des dits deux ayant dit mengeant une grappe de raisin qu’il se f… de la garde nationale, pourquoi nous les avons conduits à la chambre municipale pour être ordonné ce qu’il appartiendra. Fait au greffe de la dite chambre municipale les dits jour et an que dessus et avons signé. »

Le premier exemple trouvé dans les archives date du 22 septembre 1790. Il était ainsi conçu : 

« Ce jourd’huy 22 septembre 1790 en la chambre municipale sont comparus devant nous Michel Louis Gillebert, maire, Pierre David, Louis Demante, officiers municipaux, Guillaume Landrin procureur de la commune assistés de Jean Le cler notre secrétaire-greffier, Crespin Normand et Louis David, officiers municipaux, Etienne Rouvel, et Charles Denis Landrin, notables, commissaires nommés par acte du jour d’hier pour faire la visite des vignes et nous en faire leur rapport pour être par nous arrêté et fixé le jour de l’ouverture de la vendange, les dits commissaires nous ont déclaré qu’il résulte de la visite qu’ils ont faite et particulièrement dans les différents cantons du vignoble les plus avancés que les grappes ne sont pas encore à une égale maturité et qu’elles n’annoncent point encore aucun dépérissement sur quoi oui se requérant le procureur de la commune nous ordonnons que l’ouverture de la vendange se fera lundi prochain vingt-sept du présent mois, faisons défense à toutes personnes de vendanger avant le dit jour vingt-sept sous telle peine qu’il appartiendra et sera notre présente ordonnance lue publiée à son de tambour et affichée par tout ou besoin sera à ce que personne n’en ignore. Fait et arrêté en la chambre municipale les dits jour et an que dessus et avons signé avec notre secrétaire-greffier. »

Le ban des vendanges a été supprimé en 1866.

En 1892, la vigne fait encore partie intégrante de la vie des bennecourtois.

Délibération du Conseil Municipal – source : Archives départementales des Yvelines, 48E-Dépôt 11

L’an mil huit cent quatre vingt-douze, le dix-huit février, le Conseil municipal de la Commune de Bennecourt s’est réuni au lieu ordinaire de ses séances, sous la présidence de M. Landrin Maire, en vertu d’une autorisation de M. le Sous-Préfet.

Monsieur le Président expose à l’assemblée municipale que plusieurs habitants de la commune de Bennecourt, ayant demandé à introduire dans leur vignoble des cépages résistants, dit plants américains, le Conseil doit être saisi de la question et donner son avis.

Le Conseil municipal, après en avoir délibéré ; Vu la loi du 3 août 1891 ; Vu la lettre de M. Rivière, Directeur du Laboratoire, agronomique départemental, par laquelle il déclare que les vignes de la commune sont atteintes du mildiou, mais non du phylloxéra ;

Considérant qu’il y a un intérêt véritable pour la commune de faire l’essai de nouveaux plants de vignes pour remplacer les anciens qui paraissent usée et malades et ne donnent plus les produits que le vigneron est en droit d’en attendre ;

Délibère :

Le Conseil municipal sollicite pour les cultivateurs qui désirent tenter la reconstitution de leur vignoble, l’autorisation d’acheter et de planter des sarments ou plants de vignes de provenance américaine, et prie M. le Préfet de vouloir bien provoquer une solution favorable auprès du Conseil général.

 

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