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Surprise dans la presse

À l’occasion de la semaine de la presse, les archives départementales des Yvelines ont remis certains périodiques en ligne (certes non océrisés, comme cela l’était dans l’application Le Kyosque, mais c’est prévu ultérieurement…).

Grâce à cette mise en ligne, j’ai ENFIN pu commencer à rechercher des éléments dans Le Journal de Mantes. J’ai regardé rapidement des dates pour lesquelles j’avais connaissance d’éléments de jugement. J’ai ainsi pu trouver un complément d’informations via 3 articles de presse pour l’article P comme … Pernelle (mise à jour prévue ultérieurement).

J’ai également trouvé un nouvel élément pour lequel il faudra creuser concernant Jean-Baptiste Pernelle (père de Charles Benjamin).

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Archives départementales des Yvelines, PER 1060 – Journal de Mantes du 29 juillet 1892

DÉNONCIATION CALOMNIEUSE. – Pernelle, J.-B., 65 ans, ancien menuisier à Bennecourt, est inculpé d’avoir écrit au parquet des lettres anonymes et dénonciatrices contre un nommé Hurel, aujourd’hui à Paris. Des rapprochements faits de son écriture, de l’encre employée et de l’orthographe des dénonciations, il résulte, pour le tribunal, que Pernelle est bien l’auteur des dénonciations. Condamnation à 300 fr. d’amende et aux dépens.

Il ne me reste plus qu’à chercher ce jugement…

Je pense éplucher scrupuleusement Le Journal de Mantes, mes ancêtres me réservent encore quelques surprises…


Pour lire ou relire mes articles concernant mes ancêtres dans la presse : La mâratre de Fains , Drame passionnel : épisode 1 et épisode 2 , P comme Paris

Pour savoir ce que l’on peut chercher comme éléments pour sa généalogie dans la presse : guide Utiliser la presse ancienne en généalogie de Laurence-Abensur Hazan aux éditions Archives et culture.

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La mâratre de Fains

 

De retour avec le couple Charles Benjamin Pernelle et Marie-Céline Miserey. Je vous propose de découvrir un pan de leur histoire à travers la presse.

Nous sommes à Fains, commune de l’Eure. Le couple après avoir vécu à Bennecourt (commune des Yvelines) est venu habiter dans cette commune, d’où est originaire la famille de Marie Céline.

Pour rappel, Marie-Céline a subi 6 grossesses en l’espace de 6 ans. Le couple était dans une misère terrible, devant voler des pommes de terre dans un champ, par exemple. Marie-Céline restait souvent seule à la maison avec ses enfants, son mari habitant sur son lieu de travail (à Saint-Aquilin-de-Pacy). Elle avait des problèmes avec la boisson, elle avait d’ailleurs était condamnée pour escroquerie pour récupérer de la nourriture mais aussi de l’eau de vie.  Sa maison ayant brûlée en juillet, elle y a pourtant passé 7 mois avec 5 enfants de moins de 7 ans alors qu’elle n’avait plus de toit. Après 7 mois dans cette misère elle craque et abandonne 4 de ses enfants. Qui pourrait l’en blâmer? la population et la presse apparemment…

L’Avenir de l’Eure, 27 février 1897

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extrait du journal L’Avenir de l’Eure du 27 février 1897 (source : Archives départementales de l’Eure, 55X378)

La Marâtre de Fains
Mercredi soir, une femme nommée Pernelle, habitant à Fains, canton de Pacy-sur-Eure, conduisait quatre de ses enfants devant la maison du maire et les abandonnait là. Les deux plus petits, âgés de huit mois et de deux ans, étaient couchés dans une petite voiture ; les deux autres, dont l’aîné compte à peine cinq ans, se tenaient auprès de leurs petits frères. Le plus âgé avait à la main un billet contenant ces mots adressés à l’honorable maire de Fains, M. Ledoux : « Je vous envoie mes enfants, faite-en ce que vous voudrez ». Les cris des petits attirèrent bientôt les voisins et ce fut une indignation chez tous les habitants du pays en apprenant ce qui venait de se passer.
M. Ledoux, en homme de cœur, prit chez lui les enfants où ils passèrent chaudement la nuit. La mauvaise mère avait emmené avec elle une fillette de huit ans, qu’elle chérit du reste et qu’elle forme à son image. Cette femme âgée de 28 ans environ a une fort mauvaise réputation ; elle n’a ni ordre ni conduite et se livre à la boisson, laissant ses enfants dans la misère.
Son mari, qui travaille chez M. Barré, à Saint-Aquilin, n’étant que rarement chez lui, paraît n’avoir qu’une responsabilité relative dans l’acte commis, car on croit qu’il ignorait cette mauvaise action.
Après avoir ainsi abandonné ses enfants, la femme Pernelle a passé la nuit fort tranquillement chez une de ses amies de Pacy.
Grâce aux démarches bienveillantes de l’honorable juge de paix de Pacy, les enfants ont été admis provisoirement à l’hospice de cette localité, dès jeudi matin.
D’un autre côté, nous croyons savoir que le parquet d’Evreux poursuivra la triste femme, indigne du titre de mère.
Depuis quelques temps, les abandons d’enfants se produisent trop souvent ; il serait bon que la justice sévit avec énergie. De pareilles femmes ne sont pas dignes de pitié et nous demandons, quant à nous, une peine sévère contre la marâtre de Fains.

Le Courrier de l’Eure, 4 mars 1897

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extrait du journal Le Courrier de l’Eure du 4 mars 1897 (source : Pavillon Fleuri, Evreux)

Pacy – Les époux Pernelles habitaient à Fains, une maison incendiée le 25 juillet dernier et dont il ne restait plus que la cheminée, les quatre murs et le plancher. Cette maison ayant été vendu, les époux Pernelle durent quitter Fains, ce dont personne ne se plaignait. La femme partit donc un jour de la semaine dernière, emmenant ses cinq enfants. Elle alla jusqu’à Boudeville*, où travaille son mari, et , après entente avec ce dernier, elle revint à Fains vers huit heures du soir avec ses enfants.
Arrivée devant la maison de M. Ledoux, maire, elle laissa là quatre de ses plus jeunes enfants et se sauva aussitôt, sans dire à personne, emmenant sa fille aînée, âgée de sept ans. Le maire entendant les cris des pauvres abandonnés, les recueillit pour la nuit et les conduisit le lendemain à Pacy, où, par l’intermédiaire du juge de paix, ils ont été admis provisoirement à l’hospice jusqu’à leur admission à l’Assistance publique. M. le préfet et M. le procureur ont été aussitôt avisé du fait.
On ne saurait trop blâmer la conduite indigne de ces parents dénaturés, qui ont d’ailleurs dans le pays une très mauvaise réputation. Ils ont déjà été condamnés tous les deux plusieurs fois.

*Boudeville à Saint-Aquilin-de-Pacy

Courrier de l'Eure_18 mars 1897

extrait du journal Le Courrier de l’Eure du 18 mars 1897 (source : Pavillon Fleuri, Evreux)

Le Courrier de l’Eure, 18 mars 1897 

Tribunal correctionnel d’Evreux, Audience du jeudi 18 mars 1897

– Marie-Céline Miserey, femme Pernelle, 25 ans, journalière à Fains, et Charles Benjamin Pernelle, 36 ans, journalier à Saint-Aquilin-de-Pacy, abandon d’enfants âgés de moins de 7 ans et complicité, 2 mois de prison chacun, déchus de la puissance paternelle (défaut).

 

 


 

Pour en savoir plus :

P comme Pernelle

X comme série X

Décès insolite : Marie Céline Miserey

Félix : Mort pour la France

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Drame passionnel (suite)

 

 

Etant très curieuse de la fin tragique de Germain René Percebois (voir le premier article), j’ai profité d’un séjour dans ma Normandie natale pour aller consulter quelques journaux.

J’ai compulsé le Courrier de l’Eure et j’ai trouvé un article extrêmement détaillé concernant les faits. Comme quoi, multiplier les différents journaux peut être utile…

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Le drame de Caër

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Le Courrier de l’Eure, 18 mai 1909

Il n’est bruit à Evreux, depuis ce matin, que du drame qui s’est déroulé hier soir à Caër (commune de Normanville) et dans lequel un jeune homme passionnément épris d’une jeune fille s’est donné la mort après avoir tenté de la tuer à coups de revolver.
Voici les faits tels qu’ils résultent de notre enquête : Germain Percebois, âgé de vingt deux ans, demeurant avec ses parents rue Maillot, 34, devait partir au régiment au mois d’octobre prochain. Il avait fait connaissance dans un bal de Mlle Eugénie Lacôte, âgée de seize ans, journalière à Gravigny, et avait conçu pour elle une passion folle qu’il croyait partagée : il avait été convenu entre eux, en effet, qu’ils se marieraient à son retour du service militaire.
Samedi soir, le jeune homme se rendit à Caër et loua chez Mr Colombel, cafetier, route nationale d’Orléans à Rouen, une chambre où il passa la nuit seul, parait-il. Hier matin, il revint à Evreux, puis retourna à Caër au milieu de la journée.
Eugénie Lacôte le rencontra à bicyclette, vers une heure et demie, devant le café Colombel. Il lui offrit une consommation qu’elle accepta, puis tous deux allèrent se promener. Durant l’après-midi, ils revinrent plusieurs fois au café, où Eugénie s’amusa à la balançoire et dansa avec plusieurs de ses amies.
Au moment de se séparer, vers sept heures trois quarts du soir, les deux amoureux burent encore une bouteille de cidre bouché, après quoi ils sortirent ensemble sur la route. A ce moment, sans que rien eût pu faire soupçonner son criminel projet, Percebois sortit de sa poche un revolver et fit feu par trois fois sur la jeune fille. Celle-ci atteinte à la tête et au bras gauche, courut, tout ensanglantée, se réfugier dans la cour du café, tandis que le jeune homme, tournant l’arme contre lui-même, se faisait justice en se logeant deux balles dans la tête, l’une sous le menton, l’autre à la tempe droite, et roulait foudroyé sur la route.
Le drame avait été si rapide, que les époux Bourgon, au service de M. Colombel, accourus sur le seuil de la porte en entendant les premières détonations, virent sans avoir le temps d’intervenir, Percebois se tirer le deuxième coup de revolver et s’affaisser inanimé sur le sol.
On s’empressa autour de la jeune fille, dont les blessures étaient moins graves qu’on n’aurait pu le craindre. Les deux balles qu’elle avait reçues n’avaient sans doute pas une force de pénétration suffisante, ou avaient été tirées obliquement ; l’une entrée dans la nuque, avait glissé sur le crâne et était venue se perdre dans le cou, sans atteindre aucun organe essentiel ; l’autre était remontée le long du bras gauche, presque jusqu’à l’épaule, sans toucher à l’os. La vie d’Eugénie Lacôte n’est donc nullement en danger, à moins de complications que rien ne fait prévoir. La blessée est soignée au café Colombel, en attendant que son état permette de la transporter au domicile de ses parents.
Quelle est la cause de ce drame? Les motifs qui ont fait perdre la tête au malheureux Percebois et ont armé son bras contre celle qu’il aimait sont d’ordre trop intime et trop délicat pour être révélés ici. Disons seulement que, dans une lettre trouvée sur lui et adressée à ses parents, il leur demandait pardon du chagrin qu’il allait leur causer, et expliquait son acte désespéré par la perte de ses illusions au sujet de sa fiancée.

 


Pour information, la collection de journaux de la ville d’Evreux est conservée au Pavillon Fleuri, annexe de la médiathèque, qui conserve tout le fonds ancien.

Ce lieu est chargé d’histoire. Les époux Baudot y ont notamment résidé pendant la seconde guerre mondiale : Anne-Marie étant bibliothécaire et son mari, Marcel, archiviste départemental. Ils en firent l’un des sites de la Résistance pour le département.

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Drame passionnel

En m’aventurant sur Gallica et en recherchant par mot clé mes patronymes je suis tombée sur un article passionnant concernant un collatéral.

Germain Percebois est le frère de mon arrière-grand-mère Germaine Charlotte Céline Percebois (1907-1984). Ils sont issus d’une fratrie de 9 enfants, il est le deuxième et elle la dernière. Il naît le 13 mai 1888 à Nonancourt (27) et exerce la profession de menuisier, comme son père.

Il décède le 16 mai 1909 à Evreux (27) selon son recensement militaire. En réalité, il décédera à Normanville (27), sur le territoire de Caër, à l’âge de 21, dans des conditions assez particulières. Il devait épouser Eugénie Lacote quand il reviendrait du régiment mais il apprit « qu’elle se jouait de lui », il essaya donc de la tuer et se suicida ensuite.

Je n’ai pas encore réussi à retrouver la trace d’Eugénie Lacote. Qu’est-elle devenue après ce drame? Est-elle décédée de la suite de ses blessures? S’est-elle mariée?

Mon arrière-grand-mère avait tout juste 2 ans au moment du drame. A-t-elle été marquée? J’aimerai avoir accès à la lettre qu’il a écrit à ses parents. Se pourrait-il qu’un dossier judiciaire ait été instruit malgré le suicide de Germain? Encore une chose à vérifier aux archives …

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Le Journal, 18 mai 1909 – page 4 (source Gallica)

Drame passionnel

Evreux, 17 mai. (Par dépêche de notre correspondant particulier.) – A Caer, petit hameau situé à quelques kilomètres d’Evreux, Germain Percebois, vingt et un ans, menuisier, s’était passionnément épris d’Eugénie Lacote, seize ans, journalière à Gravigny. Il devait l’épouser dans deux, quand il reviendrait du régiment ; mais il apprit que la jeune fille se jouait de lui. Il ne put surmonter son désespoir et résolut de la tuer et de se suicider ensuite.

  • Hier soir, vers huit heures, après avoir passé l’après-midi en compagnie d’Eugénie Lacote à rire et s’amuser, il sortait soudain un revolver de sa poche et, sans mot dire, fit, à deux reprises, feu sur la malheureuse. Atteinte à la tête et au bras gauche, elle s’enfuit tout ensanglantée. Tournant son arme contre lui-même, le meurtrier se logea deux balles dans la tête et roula sur le sol foudroyé.

On a trouvé sur lui la lettre où il annonçait à ses parents sa funeste détermination et leur demandait pardon.

Les blessures d’Eugénie Lacote, quoique graves ne mettent pas ses jours en danger

Pour en savoir plus sur la famille Percebois : mon arbre geneanet

voir la suite de cette article