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Surprise dans la presse

À l’occasion de la semaine de la presse, les archives départementales des Yvelines ont remis certains périodiques en ligne (certes non océrisés, comme cela l’était dans l’application Le Kyosque, mais c’est prévu ultérieurement…).

Grâce à cette mise en ligne, j’ai ENFIN pu commencer à rechercher des éléments dans Le Journal de Mantes. J’ai regardé rapidement des dates pour lesquelles j’avais connaissance d’éléments de jugement. J’ai ainsi pu trouver un complément d’informations via 3 articles de presse pour l’article P comme … Pernelle (mise à jour prévue ultérieurement).

J’ai également trouvé un nouvel élément pour lequel il faudra creuser concernant Jean-Baptiste Pernelle (père de Charles Benjamin).

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Archives départementales des Yvelines, PER 1060 – Journal de Mantes du 29 juillet 1892

DÉNONCIATION CALOMNIEUSE. – Pernelle, J.-B., 65 ans, ancien menuisier à Bennecourt, est inculpé d’avoir écrit au parquet des lettres anonymes et dénonciatrices contre un nommé Hurel, aujourd’hui à Paris. Des rapprochements faits de son écriture, de l’encre employée et de l’orthographe des dénonciations, il résulte, pour le tribunal, que Pernelle est bien l’auteur des dénonciations. Condamnation à 300 fr. d’amende et aux dépens.

Il ne me reste plus qu’à chercher ce jugement…

Je pense éplucher scrupuleusement Le Journal de Mantes, mes ancêtres me réservent encore quelques surprises…


Pour lire ou relire mes articles concernant mes ancêtres dans la presse : La mâratre de Fains , Drame passionnel : épisode 1 et épisode 2 , P comme Paris

Pour savoir ce que l’on peut chercher comme éléments pour sa généalogie dans la presse : guide Utiliser la presse ancienne en généalogie de Laurence-Abensur Hazan aux éditions Archives et culture.

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Noces de platine

À l’occasion des noces de platine de mes grands-parents (eh oui déjà 70 ans de mariage!), j’ai eu envie de raconter un peu leur histoire.

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Pépé, Colletion personnelle

Pépé (de son prénom Raymond) naît en mars 1928 à Évreux, chez ses parents, 79 rue de Paris. Son père travaille en tant que chauffeur de fours à la Compagnie du Gaz et sa mère ne travaille pas à ma connaissance. Il est le 4ème d’une fratrie de 5 enfants (3 filles, 2 garçons). Ils ne seront rapidement plus que 4 suite au décès de son frère aîné.

Sa maison est une maison d’ouvrier à bas coût qu’ils ont via la Compagnie du Gaz. Ils ont l’électricité en bas mais pas à l’étage, il ne faut pas gâcher car a priori, au moins pendant un temps, ce qu’ils ne dépensent pas en électricité leur permet d’avoir une « prime » en remboursement.
Pépé se débrouille pour avoir l’électricité dans sa chambre en bidouillant les fils et fait attention de tout bien cacher tous les matins. Ses sœurs l’accusent de bouffer le pétrole (utilisation de lampe à pétrole à l’étage) car elles voient tout le temps de la lumière sous la porte.

Il va à l’école Jean Moulin avec son cousin Claude ayant le même âge. Comme beaucoup de gamins ils font les cent coups ensemble par exemple le lancement de billes de buvard trempées dans l’encre dans le dos de leur instituteur.

Il se destine à travailler dans la mécanique, il travaille d’ailleurs pendant un temps dans un garage Renault ; malheureusement, la guerre éclate. Trop jeune pour aller au front, il devient aide dans une boulangerie. Il en profite pour chiper le pain réservé aux allemands.
Il travaille ensuite au mess des officiers à la kommandantur. Il décharge entre autres les camions de marchandises. Ce poste lui permet d’avoir un laissez-passer car cette mission le faisait rentrer après le couvre-feu. Il en profite pour se servir en denrées alimentaires dans les réserves allemandes : chocolat, poulet… Bref pépé se débrouille pour ne pas avoir faim 🙂


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Mémé, Collection personnelle

Mémé (de son prénom Germaine) naît en décembre 1930 à Évreux au domicile de ses parents, 127 rue David. Son père travaille ici et là tantôt en tant qu’emballeur, magasinier ou terrassier. Sa mère travaille en tant que tisserande mais surtout à l’hôpital de Saint-Michel (nettoyage des malades, changement des draps…). Elle est la 3ème d’une fratrie de 7 enfants (5 filles, 2 garçons). Ils déménagent rapidement au Champ d’Enfer.

Quand elle est jeune et encore plus pendant la guerre, elle aime aller braconner avec son père dans la forêt à côté de chez eux. Mon arrière-grand-père ramenait souvent du « lapin » sans tête  (en fait c’était des chats) et le serpent même coupé sautait encore dans l’assiette.

Vers 1944, elle travaille chez un gendarme du côté des Nouvelles Galeries, mais cela ne se passe pas bien. Elle travaille ensuite en tant que tisserande à l’usine Malatiré-Lecoeur.

Pendant la guerre, elle et sa famille parte en exode autour d’Évreux pour éviter les bombardements. Son plus jeune frère attrape d’ailleurs une méningite à cause de cela.


La rencontre

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Photographie de mes grands-parents lors de leur rencontre, collection personnelle

Tous les ans une fête foraine s’installe sur la place du Champ d’Enfer (au niveau de l’actuel collège Politzer). Mémé habite à côté et va sur la fête avec ses sœurs et son frère. Pépé quant à lui travaille sur la fête, notamment au manège de la chenille. C’est sur ce manège qu’ils se rencontrent en 1945.

Ils se fréquentent pendant 1 an et demi avant de se marier…

La famille

Ils se marient le 5 mars 1947 à l’âge respectif de 18 et 16 ans, mémé met au monde ma tante Jacqueline  6 mois plus tard.

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Photographie de mes grands-parents dans le bois de Saint-Michel, collection personnelle

Ils habitent à Évreux. Dans un premier temps, ils habitent au 34 rue des Lombards puis, vers 1957-58, ils font construire une maison dans le quartier des Dominicaines. En ce temps-là, il y n’a pas d’immeuble et encore beaucoup de champs, la ferme où ils s’approvisionnent en produits laitiers n’est d’ailleurs pas loin. Ils ont déjà 4 enfants.

Pépé travaille aux Usines de Navarre pendant 36,5 ans, jusqu’à sa retraite en 1988. Il s’y rend en mobylette, quand j’étais petite c’était toujours le cas. Aux usines, il conduit un « Clark », un élévateur pour le chargement et déchargement des marchandises.
Mémé quant à elle arrête rapidement de travailler (après son deuxième enfant) afin de s’occuper de sa nombreuse progéniture : 12 enfants au total (7 garçons, 4 filles + 1 fille morte-nėe) en l’espace de 26 ans.

Entre 1977 et 1979, mémé reçoit la médaille de la famille nombreuse.

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Photographie de mes grands-parents et d’une partie de leurs enfants et petits-enfants lors de la remise de la médaille de la famille nombreuse, Collection personnelle

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Photographie de ma grand-mère et de ses 6 premiers petits-enfants, années 70, Collection personnelle

Noces d’or
Une grosse réunion de famille se tient à l’occasion de leurs noces d’or. Ils repassent devant monsieur le Maire à cette occasion.

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Photographie de mes grands-parents entourés d’une partie de leurs enfants et quelques petits-enfants, 5 mars 1997 à la Mairie d’Evreux

Noces de platine

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Photographie de mes grands-parents, 5 mars 2017, Collection personnelle

Aujourd’hui nous avons fêté les noces de platine de mes grands-parents. Nous leur avons fait la surprise de les attendre au restaurant. Tout le monde ne pouvait pas être là, en effet à l’heure d’aujourd’hui, mes grands-parents ont 31 petits-enfants (âgés de 46 à 14 ans) et 18 arrières-petits-enfants (à ma connaissance) et un en route :p

Si on se regroupait tous on serait pas loin de la centaine…

Une journaliste est venue pour couvrir l’événement, on attend avec impatience de pouvoir lire l’article dans l’Eure Info et/ou la Dépêche  🙂

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Étoffer sa généalogie avec les délibérations du Conseil Municipal

Vous êtes-vous déjà intéressés aux délibérations du Conseil Municipal pour votre généalogie ? Moi oui! J’aime beaucoup cette source et la conseille volontiers en salle de lecture. Je vous propose donc de la découvrir ou la redécouvrir.

Les délibérations  du Conseil Municipal, qu’est-ce que c’est ?

Les délibérations et décisions communales consignent les débats, les votes et les décisions réalisées par le maire et son conseil municipal. La plupart des registres sont tenus depuis la Révolution française qui a érigée la commune en tant qu’entité administrative et territoriale de base du royaume (loi du 14 décembre 1789). Toutefois, pour certaines communes elles peuvent être plus anciennes.
On peut parfois trouver dans ces registres des arrêtés municipaux, l’enregistrement des lois, notamment dans les premières années révolutionnaires. Et aussi, celles qui sont super intéressantes d’un point de vue généalogique, les délibérations de la Commission administrative du Bureau de bienfaisance (les bureaux de bienfaisance sont gérés par la municipalité et ont la charge de l’assistance aux pauvres et déshérités (loi du 7 frimaire an V)).

Quelles informations peut-on y trouver?

Outre la connaissance de la vie municipale et la présence de nos ancêtres au Conseil Municipal, on peut trouver des informations telles que :
  • les achats de terrain pour les alignements,
  • les dons et legs,
  • la nomination et le traitement du garde champêtre et des instituteurs…
et le cas échéant :
  • les délibérations du bureau de bienfaisance : aide médicale, aide scolaire aux indigents…

Où peut-on consulter ces registres?

Les registres de délibérations se trouvent normalement aux archives municipales (en série D), mais elles peuvent également être déposées aux archives départementales…

Je vous propose de découvrir les délibérations en me penchant sur un même individu : Jean-Baptiste Georges Gabriel Pernelle (mon arrière-arrière-arrière-grand-père) via le registre de délibérations de la commune de Bennecourt, datant de 1881 à 1899.
Source : Délibérations du Conseil Municipal de Bennecourt  – Archives départementales des Yvelines, 48 E-Dépôt 11
  • Service médical des pauvres, état nominatif des personnes indigentes admises, en cas de maladie aux secours médicaux gratuits.
J’ai découvert que mon ancêtre Jean-Baptiste Georges Gabriel Pernelle, menuisier, avait eu recours au service médical des pauvres d’au moins de 1883 à 1898. Je sais donc qu’il était pauvre ET malade. Au passage, je découvre sur la liste de 1889, que celui-ci à un surnom : Jean-Baptiste dit Jambon Pernelle. Quel drôle de surnom!
Service médical des pauvres_1883

Assistance médicale en 1883 – AD78, 48 E-Dépôt 11, vue 49

Pernelle JB Jambon

Assistance médicale en 1889 – AD78, 48E-Dépôt 11, vue 201

  • Soutien de famille

L’article 22 de la loi du 15 juillet 1889 prévoit qu’en temps de paix, après un an de présence sous les drapeaux, peuvent être envoyés en congé dans leurs foyers, sur leur demande, jusqu’à la date de leur passage dans la réserve, les jeunes gens que remplissent effectivement les devoirs de soutiens indispensables de famille.

Le soutien de famille du 6ème enfant de Jean-Baptiste Georges Gabriel Pernelle me permet de connaître les conditions de vie assez rudes de mes ancêtres. J’apprends au passage qu’Edouard est également surnommé Jambon, comme son père.

Soutiens de famille Pernelle et Monnier, Délibération du 18 février 1892 – AD78, 48E-Dépôt 11, vues 295 et 296

Monsieur le Maire donne lecture d’une demande faite par le sieur Pernelle Jean-Baptiste demeurant en cette commune et d’une autre demande faite par le sieur Monnier Pier Joachim, à l’effet d’obtenir pour leur fils, conscrits de la classe 1891, la dispense prévue par l’article 22 de la loi du 16 juillet 1889. Il communique également au Conseil les certificats n°5 attestant la situation de famille de ces jeunes gens, et le certificat du percepteur contenant l’état des contributions payées par les réclamants.

Le Conseil Municipal

Vu la loi du 16 juillet 1889, article 22,

Considérant que le jeune Pernelle fait partie d’une famille composée de 7 enfants et le jeune Monnier d’une famille de 5 enfants. Que leurs pères et mères, âgés de près de 60 ans, n’ont plus les forces suffisantes pour se procurer les ressources nécessaires à la subsistance de leurs nombreuses familles.

Considérant que le sieur Pernelle père, quoique n’ayant plus qu’un enfant plus jeune que le déclarant voit sa charge aggravée par le malheur qui vient de frapper sa fille aînée restée veuve avec trois enfants et sans aucune ressources :

Que le sieur Monnier a aussi des charges qu’il ne peut supporter à lui seul et qu’il parait devoir être bientôt impotent.

Considérant que la somme d’impôts payés par les réclamants prouve assez leur état d’indigence.

Délibère à l’unanimité des membres présents, que les sieurs Pernelle Edouard et Monnier Joachim de la classe de 1891, doivent être considérés comme soutiens indispensables de leur famille et appelés comme tels à jouir de la dispense prévue par l’article 22 de la loi du 16 juillet 1889.

Soutien de famille, Pernelle Edouard Jambon, Délibération du 19 mars 1893 – AD78, 48E-Dépôt 11, vues 331 et 332

Monsieur le Maire donne lecture d’une lettre de M. le Préfet en date du 14 mars 1893 par laquelle il invite le Conseil Municipal à se réunir d’urgence à l’effet de délibérer sur une demande du sieur Pernelle Edouard, de la classe de 1891 qui désire être admis au bénéfice de l’article 22 de la loi du 15 juillet 1889.

Il dépose sur le bureau le certificat n°5 attestant la situation de famille du réclamant et indiquant le montant des contributions payées par son père :

Le Conseil Municipal

Vu l’article 22 de la loi du 15 juillet 1889

Considérant que le jeune Pernelle Edouard, fait partie d’une famille de sept enfants et que ses père et mère, âgés de plus de 60 ans, n’ont plus les forces suffisantes pour se procurer par leur travail personnel les ressources nécessaires à la vie :

Considérant que le sieur Pernelle père, quoiqu’un n’ayant plus qu’un enfant plus jeune que le réclamant voit sa charge aggravée par le malheur qui a frappé sa fille aînée, restée veuve avec trois enfants et sans aucunes ressources.

Considérant que la somme d’impôts payée par le père du réclamant prouve clairement son état d’indigence. Délibère à l’unanimité des membres présents que le jeune Pernelle Edouard de la classe 1891, doit être considéré comme soutien indispensable de sa famille et peut être admis à bénéficier de la dispense accordée par l’article 22 de la loi du 15 juillet 1889.

  • Echange de voirie commune avec le sieur Pernelle Jean Baptiste Georges Gabriel, Délibération du 24 février 1895- AD78, 48E-Dépôt 11, vues 371 et 372
 J’apprends via cette délibération que mon aïeul habitait à côté du Presbytère et que grâce à cet échange de voirie, il a contribué entre autre à l’assainissement des murs de l’église. Au passage cela me fait penser à rechercher un dossier d’hypothèque…
M. le Maire propose de faire un échange de voirie commune entre le sieur Pernelle Jean-Baptiste Georges Gabriel et le presbytère. Le but de cet échange serait d’ouvrir une voie publique allant du chemin vicinal de Bennecourt à Gommecourt, passant au presbytère et allant rejoindre le chemin de grande communication n°201 en donnant ainsi un passage nouveau autour de l’église et accès libre au Presbytère.
Le Conseil
Après s’être rendu sur les lieux afin d’étudier les avantages devant résulter de la proposition de M. le Maire. Considérant que l’exécution du projet facilitera de beaucoup les rapports du presbytère et que cette voie ouverte au public rendra de réels services aux habitants du quartier,
Considérant que les inhumations religieuses deviendront très faciles par suite de l’accès possible du corbillard chargé du transport des cercueils auprès de l’église. Considérant que l’enlèvement des terres qui encombrent l’Eglise procurera un grand assainissement à ses murs.
Délibère
1° le Maire est autorisé à faire le dit échange au mieux des intérêts communaux et à faire exécuter le plan des lieux
2° Il est autorisé aussi à prélever sur les dépenses imprévues de l’Exercice 1895, les frais occasionnés par le présent échange
3° le Conseil sollicite de M. le Préfet la dispense de purge légale et de transcription d’hypothèque
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E comme Évreux

Évreux est une ville de référence pour ma généalogie. En effet, c’est le lieu où mes branches maternelles se sont rencontrées. Une grande partie de ma famille maternelle y habite encore (ou à proximité).
Mes premiers pas de généalogiste et d’archiviste ont d’ailleurs eu lieu à Évreux.
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Source : Archives départementales de l’Eure, 8Fi228_0003

Les premières arrivées sur Évreux sont Aimée Florimonde et Marie Dufay, mère et fille, entre 1886 et 1889. Elles travaillaient en tant que trameuse.
Aimée est née à Landisacq (Orne), elle suit son père à Condé-sur-Noireau (Calvados) où elle y  est fille-mère en accouchant de Marie en 1874. Elles vivront avec le père d’Aimée plusieurs années. Je retrouve leur traces grâce à la naissance d’Alphonse Gaston en 1886 à Canteleu  (Seine-Maritime). Elle aura ensuite deux enfants nés à Évreux : Juliette Alphonsine (1889) et Fernand Gaston (1891).
Marie aura également un enfant naturel, Gaston Alphonse né en 1890. Il sera reconnu lors du mariage de Marie avec Pierre Marie Le Goff en 1901.
Pierre Marie Le Goff arrive à Évreux vers 1891 (selon sa fiche matricule). Il est originaire d’Ergué-Ermel (Finistère).
Pour en savoir plus : V comme Vouziers.
Une deuxième branche, le couple Germain Juste Anatole Percebois et Marie Renée Le Levrier s’y installe entre 1901 et 1904. Ils viennent de Nonancourt (Eure) où ils se sont mariés mais n’en sont pas originaire. Marie Renée vient en effet de Pédernec  (Cotes-d’Armor) et Germain Juste Anatole de Lèves  (Eure-et-Loir).
Pour en savoir plus : B comme Brou,  N comme Nonancourt.
La dernière branche, le couple Alfred Benjamin Pernelle et Germaine Juliette Dufour arrive à Évreux qu’entre 1920 et 1921.
Germaine Juliette est originaire de Condé-sur-Iton (Eure) et habite avec sa mère et son beau-père à Angerville-la-Campagne (Eure) lors de son mariage en 1920 avec Alfred Benjamin Pernelle.
Alfred Benjamin est quant à lui originaire de Bennecourt (Yvelines). Il a fait quelques brefs passages à Évreux dus à sa situation d’enfant assisté. Il a d’ailleurs eu un parcours assez mouvementé avec des placements dans différentes familles.
Pour en savoir plus : D comme Dufour, P comme Pernelle.
flux des aieux vers Evreux

Carte des flux d’arrivées de mes aïeux vers Évreux (version en ligne accessible ici)

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La mâratre de Fains

 

De retour avec le couple Charles Benjamin Pernelle et Marie-Céline Miserey. Je vous propose de découvrir un pan de leur histoire à travers la presse.

Nous sommes à Fains, commune de l’Eure. Le couple après avoir vécu à Bennecourt (commune des Yvelines) est venu habiter dans cette commune, d’où est originaire la famille de Marie Céline.

Pour rappel, Marie-Céline a subi 6 grossesses en l’espace de 6 ans. Le couple était dans une misère terrible, devant voler des pommes de terre dans un champ, par exemple. Marie-Céline restait souvent seule à la maison avec ses enfants, son mari habitant sur son lieu de travail (à Saint-Aquilin-de-Pacy). Elle avait des problèmes avec la boisson, elle avait d’ailleurs était condamnée pour escroquerie pour récupérer de la nourriture mais aussi de l’eau de vie.  Sa maison ayant brûlée en juillet, elle y a pourtant passé 7 mois avec 5 enfants de moins de 7 ans alors qu’elle n’avait plus de toit. Après 7 mois dans cette misère elle craque et abandonne 4 de ses enfants. Qui pourrait l’en blâmer? la population et la presse apparemment…

L’Avenir de l’Eure, 27 février 1897

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extrait du journal L’Avenir de l’Eure du 27 février 1897 (source : Archives départementales de l’Eure, 55X378)

La Marâtre de Fains
Mercredi soir, une femme nommée Pernelle, habitant à Fains, canton de Pacy-sur-Eure, conduisait quatre de ses enfants devant la maison du maire et les abandonnait là. Les deux plus petits, âgés de huit mois et de deux ans, étaient couchés dans une petite voiture ; les deux autres, dont l’aîné compte à peine cinq ans, se tenaient auprès de leurs petits frères. Le plus âgé avait à la main un billet contenant ces mots adressés à l’honorable maire de Fains, M. Ledoux : « Je vous envoie mes enfants, faite-en ce que vous voudrez ». Les cris des petits attirèrent bientôt les voisins et ce fut une indignation chez tous les habitants du pays en apprenant ce qui venait de se passer.
M. Ledoux, en homme de cœur, prit chez lui les enfants où ils passèrent chaudement la nuit. La mauvaise mère avait emmené avec elle une fillette de huit ans, qu’elle chérit du reste et qu’elle forme à son image. Cette femme âgée de 28 ans environ a une fort mauvaise réputation ; elle n’a ni ordre ni conduite et se livre à la boisson, laissant ses enfants dans la misère.
Son mari, qui travaille chez M. Barré, à Saint-Aquilin, n’étant que rarement chez lui, paraît n’avoir qu’une responsabilité relative dans l’acte commis, car on croit qu’il ignorait cette mauvaise action.
Après avoir ainsi abandonné ses enfants, la femme Pernelle a passé la nuit fort tranquillement chez une de ses amies de Pacy.
Grâce aux démarches bienveillantes de l’honorable juge de paix de Pacy, les enfants ont été admis provisoirement à l’hospice de cette localité, dès jeudi matin.
D’un autre côté, nous croyons savoir que le parquet d’Evreux poursuivra la triste femme, indigne du titre de mère.
Depuis quelques temps, les abandons d’enfants se produisent trop souvent ; il serait bon que la justice sévit avec énergie. De pareilles femmes ne sont pas dignes de pitié et nous demandons, quant à nous, une peine sévère contre la marâtre de Fains.

Le Courrier de l’Eure, 4 mars 1897

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extrait du journal Le Courrier de l’Eure du 4 mars 1897 (source : Pavillon Fleuri, Evreux)

Pacy – Les époux Pernelles habitaient à Fains, une maison incendiée le 25 juillet dernier et dont il ne restait plus que la cheminée, les quatre murs et le plancher. Cette maison ayant été vendu, les époux Pernelle durent quitter Fains, ce dont personne ne se plaignait. La femme partit donc un jour de la semaine dernière, emmenant ses cinq enfants. Elle alla jusqu’à Boudeville*, où travaille son mari, et , après entente avec ce dernier, elle revint à Fains vers huit heures du soir avec ses enfants.
Arrivée devant la maison de M. Ledoux, maire, elle laissa là quatre de ses plus jeunes enfants et se sauva aussitôt, sans dire à personne, emmenant sa fille aînée, âgée de sept ans. Le maire entendant les cris des pauvres abandonnés, les recueillit pour la nuit et les conduisit le lendemain à Pacy, où, par l’intermédiaire du juge de paix, ils ont été admis provisoirement à l’hospice jusqu’à leur admission à l’Assistance publique. M. le préfet et M. le procureur ont été aussitôt avisé du fait.
On ne saurait trop blâmer la conduite indigne de ces parents dénaturés, qui ont d’ailleurs dans le pays une très mauvaise réputation. Ils ont déjà été condamnés tous les deux plusieurs fois.

*Boudeville à Saint-Aquilin-de-Pacy

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extrait du journal Le Courrier de l’Eure du 18 mars 1897 (source : Pavillon Fleuri, Evreux)

Le Courrier de l’Eure, 18 mars 1897 

Tribunal correctionnel d’Evreux, Audience du jeudi 18 mars 1897

– Marie-Céline Miserey, femme Pernelle, 25 ans, journalière à Fains, et Charles Benjamin Pernelle, 36 ans, journalier à Saint-Aquilin-de-Pacy, abandon d’enfants âgés de moins de 7 ans et complicité, 2 mois de prison chacun, déchus de la puissance paternelle (défaut).

 

 


 

Pour en savoir plus :

P comme Pernelle

X comme série X

Décès insolite : Marie Céline Miserey

Félix : Mort pour la France

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Félix : Mort pour la France

Parmi les quelques morts pour la France lors de la Première Guerre Mondiale présents dans ma généalogie, j’ai choisi de vous parler de Félix. Ce n’est pourtant pas un aïeul direct, alors pourquoi lui? Car Félix avait 2 ans lorsqu’il a été abandonné avec ses frères et sœurs, il a donc eu un début de vie un peu compliquée…

Félix Amédée Benjamin Pernelle est né le 6 mai 1895 à Fains (Eure) de Charles Benjamin Pernelle et Marie Céline Miserey (pour en connaitre un peu plus sur sa famille, voir les articles P comme Pernelle, X comme Série X, Acte insolite : décès de Marie Céline Miserey).

Félix a eu de nombreux lieux d’habitation dans sa vie : les placements en nourrices puis en familles/patrons entrecoupés de quelques séjours à l’hospice.

Avant d’être envoyé sous les drapeaux, Félix écrit à l’Inspecteur :

Roman le 2 novembre 1914
Monsieur l’Inspecteur
Comme je suis appelé sous les drapeaux et que je suis bon pour le service je vous prie de bien vouloir m’accorder ma gagne que j’ai entre vos mains et maintenant je me considère comme majeur je tiendrais à pouvoir disposer de mon argent pour mes besoins. Je vous prie de me répondre de suite si je peux la toucher car je m’attends partir d’ici peu de temps. Recevez Monsieur mes Sincères Salutations.
Votre Pupille
Pernelle Félix à Roman Eure

Au début de son engagement il a l’occasion d’écrire deux fois à l’Inspecteur. La dernière lettre est écrite seulement 2 semaines avants son décès.

Rouen le 22 Décembre 1914
Monsieur
Je vous envoie de mes nouvelles pour vous faire savoir que je sui arrivé sous les Drapeaux. J’ai quitté ma place pour aller verser mon sang pour la France. Je ne sui pas bien malheureux mais je ne suis pas pour il resté je retournerai dans un autre régiment pour Etrépagny et la semaine probablement. Je serrai content que vous me donne l’adresse à Gremont Paul qui est soldat. Et je vous prie de bien vouloir me donner des nouvelles de mes frères et de ma soeur d’ait que je aurrai ecrie qu’and je serrai entré dans ma mon autre régiment qu’a je vouderai bien savoir si mes frères sont sous les Drapeaux avant de partie à la guerre parce que je me voir l’âge de magerite.
Resever mes salutation sinceres.
Voilà mon adresse pour le moment
Félix Pernelle au 14 régiment d’Infanterie 30 Compagnie Dépôt Rouen

Chauvincour le 1 Janvier 1915
Monsieur
Je vous ecrie quelques mots vous faire savoir que je suis arriver dans notre châteaux. vous serrai bien aimable de me donné des nouvelles de mes frère et ma soeur et de celui que je vous dissaient le mome Gremont Paul qui est soldat. Je suis bientôt partir au feu pour défendre mon pays dans 2 ou 3 moi pour y allé au feu. Mes chefs du régiment ma demander a qui il faller écrie en qu’a de danger, je leur est dire qui vous écrive.
Maintenant je ne trouve pluis rien à vous dire pour le moment.
Je vous souhaite a tous une bonne et heureuse année. Recever mes Salutation sincères.
Pernelle Félix
au 74eme régiment d’Infanterie 3eme Compagnie 12eme Escouade à Chauvincour par Etrepagnie Eure

Lui qui pensait aller au feu n’en a même pas eu l’occasion. Il décédera le 16 janvier 1915 à l’hôpital auxiliaire 11bis d’Etrépagny (Eure) des suites de maladie : méningite cérébro-spinale comme l’atteste sa fiche sur le site Mémoire des hommes. Il recevra malgré tout la Croix de guerre.

Chose étonnante : ses deux frères et sa sœur encore vivants apprennent sa mort plus d’un an plus tard …

La Millerette 20-11-1916
Monsieur l’Inspecteur
Excusez moi de la liberté que je prend de vous envoyez cette petite; Ayant mes deux frères en permissions chez moi en ce moment, et comme nous étions sans nouvelle de notre frère Félix Pernelle comme nous ancien pupille de l’assistance publique nous avons était voir ses anciens patrons qui nous ont qu’il était mort des fièvres typhoïdes à un hôpital de Rouen, voila quatorze ans que nous avions était sans nouvelles de lui. Je vous prierait Monsieur de me dire s’il était quitte envers vous de l’assistance publique, au sujet de livret d’argent et d’effets.
Recevez Monsieur l’inspecteur toutes nos salutations distingués.
Marguerite Puren fille Pernelle
Mr Pernelle Alfred
Mr Pernelle Louis
Je vous prierait Monsieur de me faire réponse le plutôt possible.

 

 

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Décès insolite : Marie Céline Miserey

Voilà quelques temps que je reprends ma généalogie et je me suis cantonnée à compléter mes foyers de la 4ème à la 8ème génération. J’avais jusque là rechercher les naissances et mariages de mes aïeux mais rarement leur décès et la globalité de leurs enfants.

C’est lors d’une de mes recherches sur le couple Charles Benjamin PERNELLE et Marie Céline MISEREY (eh oui encore eux! voir P comme Pernelle et X comme série X) que j’ai découvert l’acte de décès de Marie Céline et il est un peu insolite.
Pour rappel, Marie Céline Miserey est née le 3 avril 1871 à Fains (27), elle s’est mariée à Charles Benjamin Pernelle le 5 avril 1890 à Bennecourt (78).

Ils ont eu 7 enfants : 5 d’entre-eux ont été placé à l’assistance publique en 1897, le couple étant dans une misère terrible (1 est décédé à 1 mois). Le dernier de leur enfant, Paul Joseph est né à Pacy-sur-Eure (27) en 1898. A sa naissance à l’hospice, sa mère est sans domicile fixe et son père est sans domicile connu.

Acte de naissance de Paul Joseph Pernelle

Acte de naissance de Paul Joseph Pernelle le 28 mars 1898 à Pacy-sur-Eure – Archives Départementales de l’Eure, 8Mi4970, vue 240

En 1901, sur le recensement de population de Pacy-sur-Eure, Marie Céline vit avec son compagnon dans la Plaine.

Recensement de la population de Pacy-sur-Eure, 1901

Recensement de la population de Pacy-sur-Eure, 1901 – Archives Départementales de l’Eure, 6M346, vue 34

Il n’y pas de mention de Paul Joseph sur le recensement. Il ne vit donc pas avec sa mère. Il a surement été placé à l’assistance publique lui aussi. Curieusement je ne trouve aucune fiche de recrutement militaire à son nom (département des Yvelines et de l’Eure écumés).

De son côté Charles Benjamin a refait sa vie à Cormeilles-en-Parisis (95). Il y vit au moins de 1900 à 1911. Sur le recensement de 1906, il vit également avec une femme mais sur celui de 1911 il revit seul.

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Recensement de la population de Cormeilles-en-Parisis, 1906 – Archives Départementales du Val d’Oise, 9M478, vue 61

Marie Céline décède le 2 mars 1910 à Pacy-sur-Eure.

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Acte de décès de Marie Céline Miserey le 2 mai 1910 à Pacy-sur-Eure – Archives départementales de l’Eure, 2E8406, vue 369

« a été trouvé morte à trois heures du soir dans le bras d’eau de Moulambourg, entre les moulins d’Oulailles et Bordeau, territoire de Pacy-sur-Eure »

J’ai retrouvé Moulambourg sur le cadastre et je pense que le lieu de décès se trouve dans la partie encerclée en rouge.

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Extrait du cadastre de Pacy-sur-Eure – Archives départementales de l’Eure, 6NUM_3PL1217_0001_E

A son décès elle est gardeuse de moutons, se pourrait-il que ce soit elle sur cette carte postale? j’aime à le penser …

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Carte postale de Ménilles, village limitrophe de Pacy-surEure – Archives départementales de l’Eure, 8Fi397_0010

J’ai encore quelques recherches à effectuer sur ce couple, notamment en série X pour retrouver le dossier du dernier enfant du couple mais aussi en série U pour retrouver les jugements d’Evreux (même si le tribunal a pris feu à une époque, j’espère trouver quelques éléments sur les documents qu’il reste) ainsi qu’écumer les journaux de l’Eure (région de Pacy-sur-Eure et d’Evreux) dans les faits divers.