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Succession d’Auguste Louis Cochin – inventaire après décès

En parallèle avec la recherche dans les registres de successions et absences (voir article), j’ai également cherché l’acte notarié concernant l’inventaire après décès d’Augustin Louis Cochin, mon 3 fois arrière-grand-père, originaire de Rosay (Yvelines).

Une petite recherche dans les répertoires des notaires puis dans les minutes et me voilà avec un acte notarié de 27 pages…

Inventaire après le décès de Mr Cochin – Étude notariale d’Arnouville-lès-Mantes, Maître Royer.
Source : Archives départementales des Yvelines, 3E40 5.

La première information qui m’a intéressée a été un extrait d’un Conseil de famille de mon arrière-grand-mère Augustine Louise Cochin, mineure au moment de la succession.

Extrait des minutes du greffe de la justice de paix du canton de Neuilly-sur-Seine arrondissement de Saint-Denis, département de la Seine, d’un procès-verbal dressé par Monsieur le juge de paix du canton de Neuilly-sur-Seine assisté du greffier le quatre mars mil huit cent quatre-vingt-six […] contenant délibération du conseil de famille de Augustine Louise Cochin, née à Saint-Denis (Seine) le dix-huit février mil huit cent quatre-vingt, mineure issue du mariage de Monsieur Isidore Augustin Cohin en son vivant facteur des postes, décédé à Levallois-Perret le vingt-huit février mil huit centr quatre-vingt-quatre, avec Madame Marie Augustine Pauwels, lingère demeurant à Levallois-Perret, rue du Bois numéro cent vingt-huit.

Il apparaît que Monsieur Raphaël Duchêne, pâtissier demeurant à Paris (Grand Montrouge) rue Raynaud numéro sept, cousin issu de germain et membre du conseil, a été nommé subrogé tuteur de la mineure Cochin, fonction qu’il a acceptée aux charges de droit. […]

Ensuite, la description des biens lors de la prisée m’a permis d’en apprendre d’avantage sur la vie de mon ancêtre (au moins d’un point de vue biens matériels).

Dans la cour au devant des bâtiments

Dans une écurie à gauche

1° un tas de fumier prisé quinze francs

2° une vache sans poil noir et blanc âgée de neuf ans prisée pleine de six mois prisée deux cents francs

3° un vieil âne âgé de plus de trente ans prisé dix francs

4° trois lapins prisés neuf francs

5° dix poules et un coq prisés douze francs

Dans la grange à côté

6° deux échelles simple de grande hauteur prisée dix francs

7° cent bottes de paille de blé prisées vingt francs

8° deux fléaux et deux lames à battre prisées un franc

Dans une buanderie

9° Une meule à repasser montée grossièrement prisée quatre francs

10° Une herse en bois et un lot de bois à brûler prisés six francs

11° Un vieux cuvier à lessive, avec sa selle prisé trois francs

12° Cinq houes, un broc à gerber prisés quatre francs

Dans un cellier à côté

13° Un coffre à avoine en chêne, dans lequel une faux et des menus outils, prisés cinq francs

14° Une cage à poulets en osier deux jutes vides, un entonnoir de cave, un vase, un coffre à laver et des débarras de bois, prisés huit francs

Dans les pièces au-dessus de la buanderie et du cellier

Première pièce servant de chambre à grain

15° Environ deux cents litres d’avoine prisés quinze francs

16° Environ deux cent vingt-cinq litres de blé non criblé prisés trente francs

17° Trois fûts gueulbés enfermant quelques parties de blé et seigle prisés cinq francs

18° Trois gaveliers et trois mauvais criblés prisés quatre francs

Deuxième chambre servant au coucher des époux Cochin

19° Une chaise un banc de bois blanc prisés un franc

20° une table ronde en noyer détérioré par les vers, prisée trois francs

21° une lanterne en fer blanc, un chandelier en fer prisés un franc

22° une armoire en chêne, garnie à l’intérieur de quatre tablettes et de deux travées prisée vingt-cinq francs

23° Une autre vieille armoire en chêne prisée trois francs

24° une couchette en noyer sur laquelle se trouvent deux paillasses, un vieux lit de plumes, un lit de plumes meilleur, deux draps en grosse toile de ménage, un traversin, deux oreillers, une mauvaise couverture de laine, une autre couverture de couleur, et un édredon en grosse plumes prisé le tour quarante-neuf francs

Dans la première armoire

25° Vingt-deux draps en grosse toile fortement élimés prisés trente-trois francs

26° Dix-huit chemises d’homme en vieille toile prisées dix-huit francs

27° Quarante chemises de femme en vieille toile prisées trente francs

28° Vingt-quatre taies d’oreiller, toile de coton prisées six francs

29° Douze mouchoirs de poche en coton de couleur prisés un franc vingt centimes

30° Vingt essuie mains et torchons prisés un franc cinquante centimes

31° Divers effets d’habillement à usage du défunt comprenant une paire de chaussettes, une paire de chaussons, un pantalon de drap de couleur, un pantalon de couleur, une blouse, un coutil, deux vieux gilets, une redingote, une cravate en soie noire, une casquette et un chapeau, une paire de sabots, le tout en mauvais état prisé dix francs

32° Divers effets d’habillement à l’usage de la veuve, comprenant deux robes, en laine et coton, deux caracos, trois tabliers, trois paires de bas, une paire de chaussures, une paire de sabots, une paire de souliers, deux bonnets prisés quinze francs

33° Un petit lot de chanvre et filasse prisé trois francs

34° Dans un bûcher, en retour sur la cour, un harnais d’âne prisé trente-cinq francs

35° trois cents fagots de bois à brûler prisés quarante-cinq francs

Sous une charreterie

36° Une petite voiture d’âne montée sur ses roues avec ses cornes prisée quarante-cinq francs

Dans une charreterie à l’extrémité de la cour

37° une grande cuve à vin prisée quinze francs

38° deux bachoues, une futaille vide, une auge à pommes, une pelle en fer et une brouette le tout prisé quatre francs cinquante centimes

39° Un fût renfermant environ deux cents litre de cidre sans eau, prisé le tout douze francs

40° Deux fûts vides, prisés deux francs

41° Deux hectolitres de pommes de terre tardives prises cinq francs

Dans une pièce servant de fournil à gauche dans la cour

42° trois lapins prisés six francs

43° une vieille armoire prisée un franc

44° Sept paniers à pains en paille, prisés un franc cinquante centimes

45° Une pelle à four et un fourgon prisés un franc cinquante centimes

Dans une chambre d’habitation sur la cave

46° Deux chenets en fer, une pincette, un gril aussi en fer, trois fers à repasser, deux chandeliers en fer, une lampe en cuivre, prisés deux francs

47° deux marmites en fonte, une poêle en fer, un broc en fer battu un trépied en fer, prisés cinq francs

48° cinq chaises en frêne paillées, un banc en bois blanc prisés quatre francs

49° Une vieille table en chêne prisée deux francs

50° une horloge de campagne prisée huit francs

51° un buffet en chêne avec dressoir en bois blanc, un autre buffet aussi en chêne prisés seize francs

52° une vieille armoire en chêne prisée vingt francs

53° un bois de lit sur lequel existent une paillasse, deux lits de paille d’avoine, un vieux lit de plumes, un traversin, deux oreillers et deux draps en toile, un couvre pieds en coton, le tout prisé dix-huit francs

Dans le buffet

54° un plat d’étain, un lot d’objets de vaisselle commune et de verrerie prisés dix francs

J’y apprends également pleins d’informations sur les biens immobiliers en possession de Louis Augustin à son décès, notamment comment il est entré en possession de sa maison et sa description.

[…] l’expédition délivrée par Me Langevin notaire à Arnouville, d’un contrat reçu par lui, le trois juin mil huit cent quarante-quatre aux termes duquel Made Geneviève Véronique Lecomte propriétaire, veuve de M Jacques Charles Lamarre demeurant à Houdan a vendu à M Louis Augustin Cochin de cujus (avant son premier mariage) une maison située à Rosay, consistant en deux pièces par lot, chambre dessus fournil faisant retour, un cellier y attenant, cave sous ce cellier, une porte pour entrer dans la cour lesquelles porte et cour étaient communes avec la veuve Cochin mère de l’acquéreur sur ladite porte un grenier, une grange attenant à la porte jardin près ladite maison, mais séparé contenant cinq ares soixante-un centiares, droit de passage pour arriver au jardin. Lesdits bâtiments couverts partie en tuiles et partie en paille.

Cette vente a eu lieu moyennant la somme de quinze cents francs de prix principal payée par subrogation pour mille francs aux termes d’une quittance passée devant Me Langevin notaire à Arnouville, le vingt-sept juillet mil huit cent quarante-sept et pour les cinq cents francs de surplus suivant quittance reçue par le même notaire le douze octobre mil huit cent cinquante-quatre sans deniers d’emprunt.

A la fin de l’acte notarié, au gré d’une liste de factures impayées, j’apprends que Louis Augustin est décédé de maladie, qu’il a été enterré par le curé de Villette et qu’un buffet a été proposé à l’occasion de son enterrement.

Frais de dernière maladie

Il est encore réclamé à la communauté pour frais de dernière maladie de M Cochin

1° Par M Castera pharmacien à Septeuil pour médicaments trois francs vingt centimes

2° Par M Gaullier médecin à Septeuil pour une visite trois francs

Frais funéraires

Depuis le décès de son mari Made Ve Cochin a payé aux ci-après nommés les sommes suivantes :

1° A M Thirel menuisier à Septeuil pour le cercueil vingt francs

2° A M le curé de Villette pour l’enterrement trente-deux francs

3° A M Duhamel épicier à Septeuil pour le luminaire sept francs quatre-vingt centimes

4° M Marinier boucher à Mantes pour fourniture de viande le jour de l’enterrement quinze francs quarante centimes

5° A divers une somme de huit francs

Il est réclamé à la succession par M Gaullier médecin à Septeuil pour le certificat de décès de M Cochin trois francs.

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Questionnements…

J’ai consulté les répertoires des notaires en cherchant des informations sur mon couple Jean Baptiste Georges Gabriel Pernelle et Marie Julienne Lecler. Sur le répertoire de Maitre Courtaux, notaire à Bonnières, j’ai trouvé 4 lignes concernant mon couple pour les mois d’août et septembre 1864. Hors je n’ai trouvé que deux minutes…

3E3_147_extrait_aout1864_vue211

Extrait du répertoire des minutes notariales de Maitre Courtaux, notaire Bonnières, août 1864 – Source Archives départementales des Yvelines, 3E3 147

3E3_147_extrait_septembre1864_vue214

Extrait du répertoire des minutes notariales de Maitre Courtaux, notaire Bonnières, septembre 1864 – Source Archives départementales des Yvelines, 3E3 147

Après m’être échinée à vérifier plusieurs fois dans les cartons des minutes, je me rends bien à l’évidence que je ne retrouve pas de dossiers correspondants aux deux premières lignes. En revérifiant le titre des colonnes, je comprends pourquoi : il s’agit d’actes en « brevet ».

Selon la fiche Wikipédia :

L’acte en minute est un acte public avec conservation obligatoire dans le protocole du notaire à son étude. D’abord, le notaire dresse l’original non signé appelé minute, ensuite il en délivre aux comparants la copie exécutoire, autrefois appelée la grosse, signée et revêtue de la formule exécutoire. Le notaire peut aussi leur expédier des reproductions appelées copies authentiques, autrefois expéditions. Les minutes font partie de l’étude du notaire et sont transmises avec elle. Les dispositions légales fixent le délai de conservation obligatoire et les conditions de dépôt aux archives.

L’acte en brevet n’est passé qu’en une seule forme, l’original signé par les parties et le notaire, et remis directement aux comparants sans le conserver.

Je comprends néanmoins que l’acte de notoriété concernant Marie Venance Pernelle a été réalisé dans le but de vendre une rente à son nom.

La minute concernant la décharge du couple Pernelle à Emile Delagarde m’en apprend un peu plus mais me met également plus dans le flou. Pourquoi les fils aînés du couple (Jean Baptiste Charles Appolinaire et Marie Venance) recevaient-ils une rente de l’État? Et pourquoi les parents peuvent-ils les vendre?

Minute notariale, passée devant Maître Courtaux, notaire à Bonnières en date du 12 septembre 1864 – Source : Archives départementales des Yvelines, 3E3 328

Par devant Me Paulin Courtaux, notaire à Bonnières, Seine et Oise, soussigné

Ont comparu

M Jean Baptiste Georges Gabriel Pernelle, menuisier et Marie Julienne Lecler, sa femme qu’il autorise, demeurant à Bennecourt, canton de Bonnières.

Lesquels reconnaissent, par ces présentes, que M Emile Delagarde, agent de change, demeurant à Paris, rue Neuve St Augustin n°42,

Leur a tenu compte de la somme de quatre cent quatre-vingt six francs dix centimes montant du transfert de deux rentes de onze francs chacune sur l’Etat, trois pour cent : l’une, au nom de Pernelle (Marie Venance) mineur sous l’administration de son père,  n°24419 série 7ème et l’autre, au nom de Pernelle (Jean Baptiste Appolinaire) mineur issu du mariage des comparants, n°24418 série 7ème.

De laquelle somme de quatre cent quatre-vingt six francs dix centimes : M & madame Pernelle donnent bonne & valable décharge à M Delagarde, leur mandataire suivant acte reçu* 

Dont décharge 

Mentions des présentes seront faites partout où besoin sera

Dont acte

Fait et passé à Bonnières en l’Etude ;

L’an mil huit cent soixante-quatre, le douze septembre ;

Présence de M. M. Jean Baptiste déjette, facteur de ville, et Séraphin Mounard, cordonnier, demeurants tous deux à Bonnières ;

Témoins qui ont signé avec M et madame Pernelle et le notaire lecture faite.

Enregistré à Bonnières le dix-sept septembre 1864, folio 86 

*par Me Courtaux notaire soussigné, en brevet, le seize août dernier, enregistré