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J comme Jouy

Le canton de Jouy (Eure) nous amène dans les communes d’Hardencourt-Cocherel et d’Houlbec-Cocherel, ainsi que dans la commune de Saint-Germain-de-Fresney.

François Conard était meunier à Saint-Germain-de-Fresney.

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Acte de sépulture de François Conard, le 2 mai 1711 à Hardencourt-Cocherel – Source : Archives départementales de l’Eure, 8MI3702 vue 161

Jacques Conard était meunier du moulin de Monsieur de Vergnette à Hardencourt-Cocherel.

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Acte de sépulture de Jacques Conard, le 27 juin 1749 à Hardencourt-Cocherel – Source : Archives départementales de l’Eure, 8MI2145 vue 87

Le moulin d’Houlbec-Cocherel forme un site classé Monument Historique en 1943 avec le moulin qui lui fait vis à vis, sur la commune d’Hardencourt-Cocherel (canton de Jouy-sur-Eure).

En 1011, Raoul, comte d’Ivry, donne aux moines de Saint-Ouen deux moulins sur l’Eure, avec la pêcherie dans le lieu nommé Cocherel. L’édifice actuel date probablement de la fin du 18e siècle.

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Les moulins de Cocherel sur les communes d’Hardencourt et d’Houlbec – Source : Flickr

Sur la fiche de la base Mérimée du moulin d’Houlbec-Cocherel, il est mentionné qu’il a été exploité par un meunier Miserey, en 1838. Tiens, tiens… encore une piste à suivre …

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G comme Gravigny

L’année dernière j’avais évoqué un moulin dans mon article M comme Miserey.
Lors des Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins, en juin 2015, j’ai pu aller visiter ce moulin (voisin de celui de mes ancêtres) : le moulin de Champagne, à Gravigny.
 

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 Ce moulin n’a pas été directement dirigé par la famille Miserey, il l’était entre-autres par la famille Damiens. Il s’avère que les familles Damiens et Miserey étaient liées. J’ai pu en effet trouver les unions des soeurs Marie et Anne Damiens avec respectivement, les frères Louis et Sulpice Miserey. Le père des soeurs Damiens étant lui-même meunier au moulin de Jouy-sur-Eure. Ces familles de meuniers restaient donc entre-elles.
Lors de ma visite j’ai eu la chance de rencontrer Mr Patrick Sorel, un spécialiste des moulins qui a travaillé notamment sur celui qui m’intéresse : le moulin de Saint-Pierre. Il a écrit l’article  Trois moulins de l’Iton : la Chaise-Dieu-du-Theil, Cativet et Gravigny et les autres dans la revue Connaissances de l’Eure n°104 (avril 1997) que je citerais plusieurs fois dans l’article.
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Cadastre de Gravigny, Section C de Saint-Nicolas, 20 novembre 1840. Source : Archives départementales de l’Eure, 3 PL 1118-7

Le moulin de Saint-Pierre a été donné en 1038 par Richard Comte d’Évreux à l’abbaye de Jumièges, dans le cadre de la baronnie de Jouy et de Gauciel.
Il a été dirigé par la famille Miserey en bailliage d’au moins 1683 à 1775 puis de 1783 à 1791. En 1791, le moulin à blé de St Pierre est mis en vente en tant que bien national. L’adjudication définitive est faite à Louis Miserey pour 13100 livres. En 1844, dans l’état de section de Gravigny, le moulin de St Pierre est cité comme Miserey frères meuniers à Gravigny, maison et moulin à bled. La démolition de ce moulin a lieu en 1881.
Les différents baux passés concernant des Miserey sont les suivants : François pour un bail de 29 ans le 3 juillet 1683, Nicolas pour 29 ans le 17 juin 1724, Sulpice pour 9 ans le 20 février 1754, Louis pour 9 ans le 22 mai 1760, Louis (le même?) pour 4 ans le 30 décembre 1783 et 9 ans le 21 mars 1789.
Le dernier Miserey connu est un certain Isidore pour les années 1867-1868.
(Source : article de Mr Sorel)
Ce moulin n’existe malheureusement plus mais on trouve encore sa trace et celle de mes ancêtres grâce à la voirie de Gravigny : face à l’ancienne Maladrerie : le chemin du moulin de Saint-Pierre qui mène au pont et au lieu-dit  Miserey.
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Carte actuelle de Gravigny – Source : Géoportail

« Sur les bords de la rivière, il reste peu de traces du moulin de St Pierre. Sur la rive droite, au lieu-dit Miserey, se trouve un petit chemin allant vers le lieu-dit St Nicolas. Le moulin se situait à l’est de la rivière, orienté est-ouest. »
J’ai de nombreuses archives à compulser aussi bien aux Archives départementales de l’Eure qu’à celles de Seine-Maritime, abbaye de Jumièges oblige.
Grâce à l’article de Mr Sorel et à un mail exposé lors de ma visite au moulin de Champagne, j’ai déjà certaines cotes,  il ne reste plus qu’à…

Pour en savoir plus sur le moulin de Champagne, voir l’article du Paris-Normandie du 6 août 2015.
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La mâratre de Fains

 

De retour avec le couple Charles Benjamin Pernelle et Marie-Céline Miserey. Je vous propose de découvrir un pan de leur histoire à travers la presse.

Nous sommes à Fains, commune de l’Eure. Le couple après avoir vécu à Bennecourt (commune des Yvelines) est venu habiter dans cette commune, d’où est originaire la famille de Marie Céline.

Pour rappel, Marie-Céline a subi 6 grossesses en l’espace de 6 ans. Le couple était dans une misère terrible, devant voler des pommes de terre dans un champ, par exemple. Marie-Céline restait souvent seule à la maison avec ses enfants, son mari habitant sur son lieu de travail (à Saint-Aquilin-de-Pacy). Elle avait des problèmes avec la boisson, elle avait d’ailleurs était condamnée pour escroquerie pour récupérer de la nourriture mais aussi de l’eau de vie.  Sa maison ayant brûlée en juillet, elle y a pourtant passé 7 mois avec 5 enfants de moins de 7 ans alors qu’elle n’avait plus de toit. Après 7 mois dans cette misère elle craque et abandonne 4 de ses enfants. Qui pourrait l’en blâmer? la population et la presse apparemment…

L’Avenir de l’Eure, 27 février 1897

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extrait du journal L’Avenir de l’Eure du 27 février 1897 (source : Archives départementales de l’Eure, 55X378)

La Marâtre de Fains
Mercredi soir, une femme nommée Pernelle, habitant à Fains, canton de Pacy-sur-Eure, conduisait quatre de ses enfants devant la maison du maire et les abandonnait là. Les deux plus petits, âgés de huit mois et de deux ans, étaient couchés dans une petite voiture ; les deux autres, dont l’aîné compte à peine cinq ans, se tenaient auprès de leurs petits frères. Le plus âgé avait à la main un billet contenant ces mots adressés à l’honorable maire de Fains, M. Ledoux : « Je vous envoie mes enfants, faite-en ce que vous voudrez ». Les cris des petits attirèrent bientôt les voisins et ce fut une indignation chez tous les habitants du pays en apprenant ce qui venait de se passer.
M. Ledoux, en homme de cœur, prit chez lui les enfants où ils passèrent chaudement la nuit. La mauvaise mère avait emmené avec elle une fillette de huit ans, qu’elle chérit du reste et qu’elle forme à son image. Cette femme âgée de 28 ans environ a une fort mauvaise réputation ; elle n’a ni ordre ni conduite et se livre à la boisson, laissant ses enfants dans la misère.
Son mari, qui travaille chez M. Barré, à Saint-Aquilin, n’étant que rarement chez lui, paraît n’avoir qu’une responsabilité relative dans l’acte commis, car on croit qu’il ignorait cette mauvaise action.
Après avoir ainsi abandonné ses enfants, la femme Pernelle a passé la nuit fort tranquillement chez une de ses amies de Pacy.
Grâce aux démarches bienveillantes de l’honorable juge de paix de Pacy, les enfants ont été admis provisoirement à l’hospice de cette localité, dès jeudi matin.
D’un autre côté, nous croyons savoir que le parquet d’Evreux poursuivra la triste femme, indigne du titre de mère.
Depuis quelques temps, les abandons d’enfants se produisent trop souvent ; il serait bon que la justice sévit avec énergie. De pareilles femmes ne sont pas dignes de pitié et nous demandons, quant à nous, une peine sévère contre la marâtre de Fains.

Le Courrier de l’Eure, 4 mars 1897

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extrait du journal Le Courrier de l’Eure du 4 mars 1897 (source : Pavillon Fleuri, Evreux)

Pacy – Les époux Pernelles habitaient à Fains, une maison incendiée le 25 juillet dernier et dont il ne restait plus que la cheminée, les quatre murs et le plancher. Cette maison ayant été vendu, les époux Pernelle durent quitter Fains, ce dont personne ne se plaignait. La femme partit donc un jour de la semaine dernière, emmenant ses cinq enfants. Elle alla jusqu’à Boudeville*, où travaille son mari, et , après entente avec ce dernier, elle revint à Fains vers huit heures du soir avec ses enfants.
Arrivée devant la maison de M. Ledoux, maire, elle laissa là quatre de ses plus jeunes enfants et se sauva aussitôt, sans dire à personne, emmenant sa fille aînée, âgée de sept ans. Le maire entendant les cris des pauvres abandonnés, les recueillit pour la nuit et les conduisit le lendemain à Pacy, où, par l’intermédiaire du juge de paix, ils ont été admis provisoirement à l’hospice jusqu’à leur admission à l’Assistance publique. M. le préfet et M. le procureur ont été aussitôt avisé du fait.
On ne saurait trop blâmer la conduite indigne de ces parents dénaturés, qui ont d’ailleurs dans le pays une très mauvaise réputation. Ils ont déjà été condamnés tous les deux plusieurs fois.

*Boudeville à Saint-Aquilin-de-Pacy

Courrier de l'Eure_18 mars 1897

extrait du journal Le Courrier de l’Eure du 18 mars 1897 (source : Pavillon Fleuri, Evreux)

Le Courrier de l’Eure, 18 mars 1897 

Tribunal correctionnel d’Evreux, Audience du jeudi 18 mars 1897

– Marie-Céline Miserey, femme Pernelle, 25 ans, journalière à Fains, et Charles Benjamin Pernelle, 36 ans, journalier à Saint-Aquilin-de-Pacy, abandon d’enfants âgés de moins de 7 ans et complicité, 2 mois de prison chacun, déchus de la puissance paternelle (défaut).

 

 


 

Pour en savoir plus :

P comme Pernelle

X comme série X

Décès insolite : Marie Céline Miserey

Félix : Mort pour la France

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Décès insolite : Marie Céline Miserey

Voilà quelques temps que je reprends ma généalogie et je me suis cantonnée à compléter mes foyers de la 4ème à la 8ème génération. J’avais jusque là rechercher les naissances et mariages de mes aïeux mais rarement leur décès et la globalité de leurs enfants.

C’est lors d’une de mes recherches sur le couple Charles Benjamin PERNELLE et Marie Céline MISEREY (eh oui encore eux! voir P comme Pernelle et X comme série X) que j’ai découvert l’acte de décès de Marie Céline et il est un peu insolite.
Pour rappel, Marie Céline Miserey est née le 3 avril 1871 à Fains (27), elle s’est mariée à Charles Benjamin Pernelle le 5 avril 1890 à Bennecourt (78).

Ils ont eu 7 enfants : 5 d’entre-eux ont été placé à l’assistance publique en 1897, le couple étant dans une misère terrible (1 est décédé à 1 mois). Le dernier de leur enfant, Paul Joseph est né à Pacy-sur-Eure (27) en 1898. A sa naissance à l’hospice, sa mère est sans domicile fixe et son père est sans domicile connu.

Acte de naissance de Paul Joseph Pernelle

Acte de naissance de Paul Joseph Pernelle le 28 mars 1898 à Pacy-sur-Eure – Archives Départementales de l’Eure, 8Mi4970, vue 240

En 1901, sur le recensement de population de Pacy-sur-Eure, Marie Céline vit avec son compagnon dans la Plaine.

Recensement de la population de Pacy-sur-Eure, 1901

Recensement de la population de Pacy-sur-Eure, 1901 – Archives Départementales de l’Eure, 6M346, vue 34

Il n’y pas de mention de Paul Joseph sur le recensement. Il ne vit donc pas avec sa mère. Il a surement été placé à l’assistance publique lui aussi. Curieusement je ne trouve aucune fiche de recrutement militaire à son nom (département des Yvelines et de l’Eure écumés).

De son côté Charles Benjamin a refait sa vie à Cormeilles-en-Parisis (95). Il y vit au moins de 1900 à 1911. Sur le recensement de 1906, il vit également avec une femme mais sur celui de 1911 il revit seul.

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Recensement de la population de Cormeilles-en-Parisis, 1906 – Archives Départementales du Val d’Oise, 9M478, vue 61

Marie Céline décède le 2 mars 1910 à Pacy-sur-Eure.

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Acte de décès de Marie Céline Miserey le 2 mai 1910 à Pacy-sur-Eure – Archives départementales de l’Eure, 2E8406, vue 369

« a été trouvé morte à trois heures du soir dans le bras d’eau de Moulambourg, entre les moulins d’Oulailles et Bordeau, territoire de Pacy-sur-Eure »

J’ai retrouvé Moulambourg sur le cadastre et je pense que le lieu de décès se trouve dans la partie encerclée en rouge.

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Extrait du cadastre de Pacy-sur-Eure – Archives départementales de l’Eure, 6NUM_3PL1217_0001_E

A son décès elle est gardeuse de moutons, se pourrait-il que ce soit elle sur cette carte postale? j’aime à le penser …

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Carte postale de Ménilles, village limitrophe de Pacy-surEure – Archives départementales de l’Eure, 8Fi397_0010

J’ai encore quelques recherches à effectuer sur ce couple, notamment en série X pour retrouver le dossier du dernier enfant du couple mais aussi en série U pour retrouver les jugements d’Evreux (même si le tribunal a pris feu à une époque, j’espère trouver quelques éléments sur les documents qu’il reste) ainsi qu’écumer les journaux de l’Eure (région de Pacy-sur-Eure et d’Evreux) dans les faits divers.

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X comme … série X

Me voila de retour avec le couple Charles Benjamin Pernelle et Marie Céline Miserey.

Cette famille était dans une misère terrible, comme l’atteste la lettre de Charles en date du 23 octobre 1896.

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Lettre de Charles Benjamin Pernelle – Archives départementales de l’Eure, 55X400

Le maire de Fains réalise également un certificat d’indigence pour la famille, où l’on apprend que leur maison a été incendié.

Certificat d'indigence - Archives départementales de l'Eure, 55X400

Certificat d’indigence – Archives départementales de l’Eure, 55X400

Le 18 mars 1897, Charles Benjamin est jugé au Tribunal d’Evreux pour complicité d’abandon d’enfants. Ils étaient surement dans une misère de plus en plus terrible et ont du essayer de placer leurs enfants afin qu’ils mangent à leur faim … Leurs enfants seront aussitôt Pupille de l’Assistance Publique d’Evreux :

  • Marguerite née le 5 janvier 1890 : cote 55X263, n°635
  • Alfred Benjamin, né le 1er novembre 1891 (mon arrière-grand-père) : cote 55X284, n°636
  • Louis Charles Benjamin, né le 23 février 1893 : cote 55X333, n°637
  • Félix Amédée Benjamin, né le 6 mars 1895, décédé le 16 janvier 1915  : cote 55X378, n°639
  • Georges Abélard, né le 18 mai 1896, décédé le 13 juin 1898 : cote 55X400 , n°638
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Liste des foyers d’accueil de ses 6 ans à ses 9 ans – Archives Départementales de l’Eure – 55X284

A 7 ans, il est insolent et gourmand … comme tous les enfants :

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A 13 ans, il s’enfuit de sa famille d’accueil car il est mal nourri :

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Archives départementales de l’Eure, 55X263

A l’âge de 13 ans, sa soeur Marguerite a, elle aussi, des soucis avec sa famille :

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Archives départementales, 55X263

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Archives départementales, 55X263

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P comme … Pernelle

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Me voila de retour vers la commune de Bennecourt, pour parler cette fois du couple Charles Benjamin Pernelle et Marie Céline Miserey, mes arrières-arrières-grands-parents.

Charles Benjamin est originaire de Bennecourt (Yvelines) quant à Marie Céline, elle est originaire de Fains (Eure). Malgré les départements différents leurs foyers respectifs ne sont éloignés que d’une trentaine de kilomètres.

Leur fille Marguerite née le 5 janvier 1890 avant leur mariage le 5 avril de la même année à Bennecourt.

Ils auront six autres enfants :

  • Charles Benjamin
  • Louis Charles Benjamin
  • Louise
  • Félix Amédée Benjamin
  • Georges Abélard
  • Paul Joseph

Pourquoi ce couple est-il intéressant? Parce qu’ils ont eu des démêlés avec la justice. Les jugements m’apprennent donc un peu le style de vie qu’ils ont pu avoir.

Marie Céline est jugée le 28 juillet 1892 pour escroqueries

Archives Départementales des Yvelines –  3U MAN 230 : 28 juillet 1892

Le Ministère public contre femme Pernelle, prévenue d’Escroqueries

« Attendu qu’il résulte du procès-verbal et des débats la preuve que la femme Pernelle s’est depuis moins de 3 ans à Bonnières, en prenant la fausse qualité de mandataire de la femme Monnier, demeurant à Bonnières en employant des manœuvres frauduleuses pour persuader l’existence d’un crédit imaginaire et en faisant usage de mots d’écrit soit disant signés par la femme Monnier, fait remettre vu […] un litre d’eau de vie, de la viande et diverses autres marchandises au préjudice des nommés Lecoq, Malassigné, Demault et Gilbert, qu’elle a ainsi escroqué parti de la fortune d’autrui. Mais attendu qu’il existe des circonstances atténuantes en faveur de la dite prévenue par ces motifs, le Tribunal condamne la femme Pernelle en 3 mois d’emprisonnement, la condamne en outre au remboursement des frais liquidés à 32 francs 39 centimes. »

Le couple condamné le 13 juillet 1893 par le Tribunal Correctionnel de Mantes pour vol de récoltes et outrages à un gardeSAMSUNG CAMERA PICTURESSAMSUNG CAMERA PICTURES

Archives Départementales des Yvelines –  3U MAN 231 : 13 juillet 1893

Le Ministère public contre époux Pernelle, prévenus de vol de récoltes et Pernelle en outre d’outrages envers un garde

« Les époux Pernelle ont, le 24 juin 1893, au lieu dit le Tertre, commune de Bennecourt au préjudice d’une personne demeurée inconnue, conjointement soustrait frauduleusement une certaine quantité de pommes de terre, récoltes qui avant d’être soustraites n’étaient pas encore détachées du sol et ce, à l’aide d’un sac. Attendu qu’il en résulte en outre la preuve que Pernelle a, le même jour et au même lieu, outragé par paroles et menaces le sieur Caillou, garde champêtre auxiliaire de la commune de Bennecourt, citoyen chargé d’un ministère de service public dans l’exercice de ses fonctions en le menaçant de le frapper, en le traitant de maquereau et en ajoutant : « sa commission n’est bonne qu’à f… au feu ». […] Attendu que la femme Pernelle a précédemment été condamnée par jugement de ce tribunal en date du 28 juillet 1892 à une peine de 3 mois d’emprisonnement pour escroqueries qu’elle se trouve en état de récidive … Mais attendu qu’il existe des circonstances atténuantes en faveur des dits prévenus. Par ces motifs, le Tribunal condamne Pernelle en 3 mois et kpir de la même peine. Les condamne en outre, solidairement au remboursement des frais liquidés à 22 Francs 33 centimes. »

Charles Benjamin est condamné le 26 octobre 1893 par le Tribunal Correctionnel d’Evreux à 6 jours de prison pour menaces verbales d’incendie sans condition

Condamné le 18 mars 1897 à deux mois de prison par le Tribunal Correctionnel d’Evreux pour complicité d’abandon d’enfants (Jugement le 17 juin 1898, Tribunal Civil d’Evreux)

Les deux derniers jugements ayant eu lieu au Tribunal d’Evreux, je n’y ai malheureusement pas eu  accès, le Tribunal ayant subit un incendie. L’inventaire n’étant pas encore accessible, je n’ai pas pu vérifier les sources disponibles.

Histoire à suivre avec : X comme … série X

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M comme … Miserey

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Mes ancêtres Miserey et Conard, respectivement 5 et 2 générations de meuniers, dans le département de l’Eure

  • J’ai fait la découverte du métier de meunier de mes ancêtres avec l’acte de mariage de Barthélémy Félix Miserey datant du 31 janvier 1837. Sur l’acte, lui et son père sont désignés en tant que meunier et sa mère meunière. Ils habitent Croisy-sur-Eure.
Mariage de Barrthélémy Félix Miserey le 31 janvier 1837 Archives Départementales de l'Eure, 8MI1311 vues 65 et 66

Mariage de Barthélémy Félix Miserey le 31 janvier 1837
Archives Départementales de l’Eure – 8MI1311 vues 65 et 66

  • En remontant la branche des Miserey j’ai découvert, le père de Jacques : Nicolas époux de Marie Catherine Conard
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Baptême de Jacques Miserey (fils de Nicolas Marie Catherine Conard), 19 décembre 1771 à Ménilles
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  • le père de Nicolas : Nicolas, meunier de Mr le Marquis de Ménilles. A noter que pour son inhumation a été faite en présence des frères de la charité de Pacy, curieux …
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Inhumation de Nicolas Miserey (époux de Barbe Philippe) le 31 décembre 1775, à Ménilles
Archives Départementales de l’Eure – 8MI2727, vue 442

  • et le père et grand-père des Nicolas : Nicolas (on voit là toute l’originalité qu’ils avaient à l’époque dans le choix des prénoms…) meunier du moulin de St Pierre, à Gravigny
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Acte d’inhumation de Nicolas Miserey (époux de Catherine Benard), le 17 octobre 1740 à Gravigny
Archives Départementales de l’Eure – 8MI2066, vue 378

  • Du côté de la famille Conard, cela concerne Jacques et son père François : meuniers du moulin de Mr de Vergnette à Saint Germain de Fresney
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Acte d’inhumation de François Conard, le 28 juin 1749 à Hardencourt-Cocherele
Archives Départementales de l’Eure – 8MI2145, vue 87

Via d’autres actes de baptêmes, de mariages et de sépultures j’ai également pu croiser le moulin de Joüy et le moulin de champagne à Gravigny (moulin que j’ai l’intention d’aller visiter lors des Journées du Patrimoines de Pays et des Moulins, le week-end prochain 🙂 )

Pour mieux les situer, j’ai bien entendu, regardé les cartes de Cassini :

Carte générale de la France ; 026. [Evreux - Dreux], extrait - Source Gallica

Carte générale de la France ; 026. [Evreux – Dreux], extrait – Source Gallica

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Carte générale de la France ; 026. [Evreux – Dreux], extrait – Source Gallica

J’ai de nombreuses recherches à effectuer aux archives départementales de l’Eure. J’ai noté 2 aides pour ces futures recherches :