2

Noces de platine

À l’occasion des noces de platine de mes grands-parents (eh oui déjà 70 ans de mariage!), j’ai eu envie de raconter un peu leur histoire.

pernelleraymondrogermarcel

Pépé, Colletion personnelle

Pépé (de son prénom Raymond) naît en mars 1928 à Évreux, chez ses parents, 79 rue de Paris. Son père travaille en tant que chauffeur de fours à la Compagnie du Gaz et sa mère ne travaille pas à ma connaissance. Il est le 4ème d’une fratrie de 5 enfants (3 filles, 2 garçons). Ils ne seront rapidement plus que 4 suite au décès de son frère aîné.

Sa maison est une maison d’ouvrier à bas coût qu’ils ont via la Compagnie du Gaz. Ils ont l’électricité en bas mais pas à l’étage, il ne faut pas gâcher car a priori, au moins pendant un temps, ce qu’ils ne dépensent pas en électricité leur permet d’avoir une « prime » en remboursement.
Pépé se débrouille pour avoir l’électricité dans sa chambre en bidouillant les fils et fait attention de tout bien cacher tous les matins. Ses sœurs l’accusent de bouffer le pétrole (utilisation de lampe à pétrole à l’étage) car elles voient tout le temps de la lumière sous la porte.

Il va à l’école Jean Moulin avec son cousin Claude ayant le même âge. Comme beaucoup de gamins ils font les cent coups ensemble par exemple le lancement de billes de buvard trempées dans l’encre dans le dos de leur instituteur.

Il se destine à travailler dans la mécanique, il travaille d’ailleurs pendant un temps dans un garage Renault ; malheureusement, la guerre éclate. Trop jeune pour aller au front, il devient aide dans une boulangerie. Il en profite pour chiper le pain réservé aux allemands.
Il travaille ensuite au mess des officiers à la kommandantur. Il décharge entre autres les camions de marchandises. Ce poste lui permet d’avoir un laissez-passer car cette mission le faisait rentrer après le couvre-feu. Il en profite pour se servir en denrées alimentaires dans les réserves allemandes : chocolat, poulet… Bref pépé se débrouille pour ne pas avoir faim 🙂


legoff_germainemariegeorgette

Mémé, Collection personnelle

Mémé (de son prénom Germaine) naît en décembre 1930 à Évreux au domicile de ses parents, 127 rue David. Son père travaille ici et là tantôt en tant qu’emballeur, magasinier ou terrassier. Sa mère travaille en tant que tisserande mais surtout à l’hôpital de Saint-Michel (nettoyage des malades, changement des draps…). Elle est la 3ème d’une fratrie de 7 enfants (5 filles, 2 garçons). Ils déménagent rapidement au Champ d’Enfer.

Quand elle est jeune et encore plus pendant la guerre, elle aime aller braconner avec son père dans la forêt à côté de chez eux. Mon arrière-grand-père ramenait souvent du « lapin » sans tête  (en fait c’était des chats) et le serpent même coupé sautait encore dans l’assiette.

Vers 1944, elle travaille chez un gendarme du côté des Nouvelles Galeries, mais cela ne se passe pas bien. Elle travaille ensuite en tant que tisserande à l’usine Malatiré-Lecoeur.

Pendant la guerre, elle et sa famille parte en exode autour d’Évreux pour éviter les bombardements. Son plus jeune frère attrape d’ailleurs une méningite à cause de cela.


La rencontre

20170304_164658

Photographie de mes grands-parents lors de leur rencontre, collection personnelle

Tous les ans une fête foraine s’installe sur la place du Champ d’Enfer (au niveau de l’actuel collège Politzer). Mémé habite à côté et va sur la fête avec ses sœurs et son frère. Pépé quant à lui travaille sur la fête, notamment au manège de la chenille. C’est sur ce manège qu’ils se rencontrent en 1945.

Ils se fréquentent pendant 1 an et demi avant de se marier…

La famille

Ils se marient le 5 mars 1947 à l’âge respectif de 18 et 16 ans, mémé met au monde ma tante Jacqueline  6 mois plus tard.

20170304_164751

Photographie de mes grands-parents dans le bois de Saint-Michel, collection personnelle

Ils habitent à Évreux. Dans un premier temps, ils habitent au 34 rue des Lombards puis, vers 1957-58, ils font construire une maison dans le quartier des Dominicaines. En ce temps-là, il y n’a pas d’immeuble et encore beaucoup de champs, la ferme où ils s’approvisionnent en produits laitiers n’est d’ailleurs pas loin. Ils ont déjà 4 enfants.

Pépé travaille aux Usines de Navarre pendant 36,5 ans, jusqu’à sa retraite en 1988. Il s’y rend en mobylette, quand j’étais petite c’était toujours le cas. Aux usines, il conduit un « Clark », un élévateur pour le chargement et déchargement des marchandises.
Mémé quant à elle arrête rapidement de travailler (après son deuxième enfant) afin de s’occuper de sa nombreuse progéniture : 12 enfants au total (7 garçons, 4 filles + 1 fille morte-nėe) en l’espace de 26 ans.

Entre 1977 et 1979, mémé reçoit la médaille de la famille nombreuse.

20170304_165210

Photographie de mes grands-parents et d’une partie de leurs enfants et petits-enfants lors de la remise de la médaille de la famille nombreuse, Collection personnelle

20170304_171015

Photographie de ma grand-mère et de ses 6 premiers petits-enfants, années 70, Collection personnelle

Noces d’or
Une grosse réunion de famille se tient à l’occasion de leurs noces d’or. Ils repassent devant monsieur le Maire à cette occasion.

photofamillepernelle

Photographie de mes grands-parents entourés d’une partie de leurs enfants et quelques petits-enfants, 5 mars 1997 à la Mairie d’Evreux

Noces de platine

dsc_0144

Photographie de mes grands-parents, 5 mars 2017, Collection personnelle

Aujourd’hui nous avons fêté les noces de platine de mes grands-parents. Nous leur avons fait la surprise de les attendre au restaurant. Tout le monde ne pouvait pas être là, en effet à l’heure d’aujourd’hui, mes grands-parents ont 31 petits-enfants (âgés de 46 à 14 ans) et 18 arrières-petits-enfants (à ma connaissance) et un en route :p

Si on se regroupait tous on serait pas loin de la centaine…

Une journaliste est venue pour couvrir l’événement, on attend avec impatience de pouvoir lire l’article dans l’Eure Info et/ou la Dépêche  🙂

Publicités
0

N comme Nonancourt

Socrate Roger Percebois est un collatéral, il est le frère de mon arrière-grand-mère, Germaine Charlotte Céline Percebois.
Socrate naît le 31 janvier 1900 à Nonancourt (Eure) de Germain Juste Percebois et Marie Renée Le Levrier. Sa famille déménage sur Évreux dans les 4 années suivantes. Il est issu d’une fratrie de 8 enfants : 6 garçons et 2 filles.
Socrate est un patriote. Il s’engage d’ailleurs volontairement pour une durée de 4 ans le 28 août 1918 à la mairie d’Évreux.
Il effectue son service militaire dans plusieurs régiment de Génie. Il sera libéré du service actif le 28 août 1922.
Il se mariera d’ailleurs le 2 décembre 1922 à Évreux avec Jeanne Alphonsine Joséphine Breard.
Le 6 avril 1930, il est affecté spécial en tant que facteur mixte à Bueil, au titre de la Compagnie des Chemins de fer de l’état.
Le 18 novembre 1931, il est dégagé de toute obligation militaire vu qu’il est père de 5 enfants. Il en aura 10 en tout.
Lors de la seconde guerre mondiale, il servira la Résistance, d’abord en qualité d’agent P.I du 20 mai 1942 au 30 septembre 1944 au réseau « Action Vengeance » des F.F.C.
Il a ensuite servi dans les F.F.I. du 1er juillet au 25 août 1944 dans la formation « Eure libé nord Évreux ».
Il participera activement à la libération de la ville d’Évreux. Il sera d’ailleurs blessé au visage par une mine le 23 août 1944 à Melleville alors qu’il se portait à la rencontre des troupes américaines.
PERCEBOIS_Socrate_6FI 1005

3 F.F.I., Messieurs Cornu (préfet de l’Eure), Socrate Percebois (chef d’arrondissement d’Evreux) et Louis Hermier à la Préfecture de l’Eure – Source : Archives municipales d’Evreux, 6Fi1005

 

Il aura plusieurs distinctions :
– Citation « Chef militaire du groupe SNCF de l’Eure puis chef d’arrondissement à Evreux […] à l’éxécution du « Plan Vert » […] et destruction sur les voies ferrées. A participé aux opérations de la libération d’Evreux au cours de laquelle il a été blessé
– Croix de guerre avec étoile de bronze
– Croix du Combattant Volontaire 1939-1945
– Médaille d’Or d’Evreux

Ses descendants ont réalisé une cousinade il y a quelques années.

IMG_20160514_132011


1

E comme Évreux

Évreux est une ville de référence pour ma généalogie. En effet, c’est le lieu où mes branches maternelles se sont rencontrées. Une grande partie de ma famille maternelle y habite encore (ou à proximité).
Mes premiers pas de généalogiste et d’archiviste ont d’ailleurs eu lieu à Évreux.
FRAD027_8Fi228_0003

Source : Archives départementales de l’Eure, 8Fi228_0003

Les premières arrivées sur Évreux sont Aimée Florimonde et Marie Dufay, mère et fille, entre 1886 et 1889. Elles travaillaient en tant que trameuse.
Aimée est née à Landisacq (Orne), elle suit son père à Condé-sur-Noireau (Calvados) où elle y  est fille-mère en accouchant de Marie en 1874. Elles vivront avec le père d’Aimée plusieurs années. Je retrouve leur traces grâce à la naissance d’Alphonse Gaston en 1886 à Canteleu  (Seine-Maritime). Elle aura ensuite deux enfants nés à Évreux : Juliette Alphonsine (1889) et Fernand Gaston (1891).
Marie aura également un enfant naturel, Gaston Alphonse né en 1890. Il sera reconnu lors du mariage de Marie avec Pierre Marie Le Goff en 1901.
Pierre Marie Le Goff arrive à Évreux vers 1891 (selon sa fiche matricule). Il est originaire d’Ergué-Ermel (Finistère).
Pour en savoir plus : V comme Vouziers.
Une deuxième branche, le couple Germain Juste Anatole Percebois et Marie Renée Le Levrier s’y installe entre 1901 et 1904. Ils viennent de Nonancourt (Eure) où ils se sont mariés mais n’en sont pas originaire. Marie Renée vient en effet de Pédernec  (Cotes-d’Armor) et Germain Juste Anatole de Lèves  (Eure-et-Loir).
Pour en savoir plus : B comme Brou,  N comme Nonancourt.
La dernière branche, le couple Alfred Benjamin Pernelle et Germaine Juliette Dufour arrive à Évreux qu’entre 1920 et 1921.
Germaine Juliette est originaire de Condé-sur-Iton (Eure) et habite avec sa mère et son beau-père à Angerville-la-Campagne (Eure) lors de son mariage en 1920 avec Alfred Benjamin Pernelle.
Alfred Benjamin est quant à lui originaire de Bennecourt (Yvelines). Il a fait quelques brefs passages à Évreux dus à sa situation d’enfant assisté. Il a d’ailleurs eu un parcours assez mouvementé avec des placements dans différentes familles.
Pour en savoir plus : D comme Dufour, P comme Pernelle.
flux des aieux vers Evreux

Carte des flux d’arrivées de mes aïeux vers Évreux (version en ligne accessible ici)