Rosalie Schneider, une fille naturelle

Anne Marie dite Rosalie est née à Boersch (67) en 1837 d’Anne Marie sa mère et de père inconnu.

Je ne sais pas si elle se retrouve à Châtellerault en ayant suivi sa mère ou son oncle.
En effet, dans le testament de son oncle Joseph, on peut voir qu’il est particulièrement attentif à son futur.

Je donne et lègue à titre particulier à Rosalie Schneider, enfant mineur naturel de Marie Anne Schneider femme Noll ma sœur, une somme de mille francs qui lui sera payée soit à l’époque de mon décès si elle a alors vingt cinq ans accomplis, soit à l’époque de son mariage, soit à l’époque ou elle atteindra sa vingt cinquième année sans être mariée, le tout sans intérêt, moitié par ma femme sans répétition par elle contre mes légataires universel, et l’autre moitié par mes d. légataires universels en proportion de leurs droits dans ma succession sans répétition contre ma femme.

Mais je veux que ce legs particulier au profit de Rosalie Schneider n’ait d’effet que si la d. légataire n’est pas mariée à l’époque de mon décès, si la d. Rosalie Schneider était mariée quand je viendrai à mourir ce legs serait considéré comme nul et non avenu.

Enfin, je donne encore à titre particulier à la dite Rosalie Schneider, une autre somme de mille francs qui lui sera payée par les enfants Noll seuls sur leur portion dans le d. legs universel, aussitôt que les d. enfants Noll entreront en jouissance de leur dite portion conformément à ce qui a été expliqué plus haut.

Elle se marie en 1859 à Châtellerault avec Joseph Bühler, monteur de sabres. Dans leur contrat de mariage on apprend qu’elle apporte plusieurs sommes :

La future épouse apporte en mariage et se constitue personnellement en dot :
1° ses vêtements, hardes, linge, bijoux et autres effets mobiliers à son usage personnel auxquels elle ne donne pas d’évaluation.
2° son linge de lit et de table évalué la somme de deux cents francs
3° une somme de douze cents francs en deniers comptants
4° une créance de la somme de mille francs qui lui est due en vertu du testament de Mr Joseph Schneider en son vivant ouvrier à la manufacture d’armes de Châtellerault demeurant à Châtellerault passé devant Me Martin l’un des notaires soussignés, le vingt avril mil huit cent cinquante-deux, moitié par Mme Louise Lhuillier veuve du d. Sr Joseph Schneider, demeurant à Châtellerault et moitié par les légataires universels du Sr Joseph Schneider qui sont Mme Françoise Schneider femme de Mr Antoine Bettermann ouvrier en arme demeurant à Châtellerault, Mme Hélène Schneider femme de Mr Brocapey demeurant à Paris et Mme Noll susnommée et ses six enfants issus de son mariage avec le d. Sr Noll. Laquelle créance doit être exigible lors du mariage de la d. future épouse, sans intérêt jusque-là.
5°et une autre créance de la somme de mille francs qui lui est due en vertu du même testament par les six enfants Noll seuls, mais qui ne doit être exigible qu’après le décès de Mme Louis Lhuillier veuve Schneider susnommée et celui de la d. De Noll mère de la future épouse.
Duquel apport la future épouse a donné connaissance au futur époux qui le reconnait et consent à en demeurer chargé par le fait seul de la célébration du mariage.

Elle et son mari auront 4 enfants : Marie Louise (1860-1860), Romain (1863-1940), Charles (1866-?) et Albert (1869-1871).
Les actes de naissance de ses enfants sont très intéressants :l’acte de naissance de Marie Louise est établi à Strasbourg en août 1860 mais en marge il est écrit décédée aux Etats Pontificaux le 13 janvier 1860.
L’acte de naissance de Romain est établi à Châtellerault. Il nait en la demeure de Louise Lhuilier. Joseph est en garnison à Rome et les deux époux y demeurent.
L’acte de naissance de Charles est établi à Châtellerault. Il naît dans la demeure de Louis Dubois. Les deux époux demeurent toujours à Rome.
L’acte de naissance d’Albert est établi à Châtellerault. Il naît dans la demeure de Joseph Schuppon. Les deux époux demeurent maintenant à Paris.
Entre 1860 et au moins 1866, Joseph est donc en garnison à Rome. A cette période, la France de Napoléon III protège les États pontificaux, suite à la lutte pour la réunification de l’Italie.

A Paris de 1866 jusqu’à la mort de Joseph en 1882, ils seront débitants dans le 10ème arrondissement.
Suite au décès de Joseph, Rosalie rejoindra Châtellerault où on la retrouve en 1901 lors du mariage de son fils Charles. Je n’ai néanmoins pu retrouver son décès.

Sources aux Archives départementales de la Vienne :
Minutes passée devant Maitre Alfred Martin, en résidence à Châtellerault :
4E2 134 – Minute en date du 20 avril 1852 : Testament de Joseph Schneider
4E2 164 – Minute en date du 25 octobre 1859 devant Maitre Martin, demeurant à Châtellerault  : Contrat de mariage Buhler/Schneider

4 réflexions sur “Rosalie Schneider, une fille naturelle

  1. Oui très bien protégée par son oncle, même 😊
    Les actes de naissance des enfants ont été une réelle surprise pour moi, j’ai redécouvert le rôle de la France dans la réunification de l’Italie à cette occasion

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