Instruction publique à Bennecourt

Jean Baptiste Georges Gabriel Pernelle habite à partir de 1964 dans sa nouvelle maison. Cette maison a abrité un certain temps l’école et le logement de son instituteur. Je me suis donc intéressée à l’histoire de l’instruction publique de Bennecourt.

Extrait de la monographie de l’instituteur Jules Signol réalisée en 1899 (source : Archives départementales des Yvelines, 1T mono 2/6) :

L’enseignement primaire était peu répandu dans la commune de Bennecourt avant la Révolution française. Il a été dit précédemment qu’en 1699, il y avait 73 pour cent d’illetrés ; en 1799, il y’en avait encore 57%.

Cela tient sans doute à l’indifférence des populations rurales pour l’instruction, à la nécessité de subvenir aux besoins de leurs familles et sans doute aussi à la mauvaise organisation des écoles.

En effet, jusqu’en 1826, Bennecourt ne possédait pas de maison d’école. Les premiers instituteurs faisaient la classe chez eux, sans mobilier scolaire et ne recevaient aucune indemnité. Ils se contentaient de la quête du vin lors des vendanges, comme le montre la délibération du 28 ventôse an XIII.

Mal payés, peu instruits, ils apprenaient à lire et à écrire aux meilleurs élèves. Ils devaient, pour vivre, exercer une autre profession, l’un était cultivateur, un autre vigneron, un troisième était bonnetier. Les fonctions principales qui leur étaient imposées étaient celles de secrétaire greffier de la municipalité et de sacristain ou chantre à l’église. LA délibération suivante du 4 frimaire an 12, fait connaître l’étendue des devoirs de l’instituteur de cette époque : « Ce jourd’hui quatre frimaire an 12 de la République, nous Maire et membres du conseil réunis, sur l’invitation du maire concernant la place vacante de Maître d’école de cette commune et qu’il est instant de pourvoir à son remplacement, considérant que s’il était différé, la jeunesse se livrerait à des désordres dont les effets pourraient être dangereux, et qu’il est de nécessité de les prévenir par la nomination provisoire d’un sujet ayant capacité, à cet effet s’est présenté le citoyen Jean Leclerc de cette commune qui nous a exposé qu’il désire faire dans cette dite commune la fonction de maître des écoles devenues vacantes surquoy après en avoir conféré, nous avons reconnu que le dit citoyen Jean Leclerc est suffisamment instruit pour la dite fonction ; en conséquence nous l’avons provisoirement reçu maître des écoles dans la dite commune et serviteur de l’église dudit lieu, sauf l’approbation du citoyen sous-préfet, à la charge par le dit citoyen Jean Leclerc de se comporter de manière à mériter la confiance des citoyens de cette commune, de tenir l’instruction avec exactitude, de maintenir les écoliers dans le religion catholique, de faire le service de l’église comme sacristain, de la nettoyer pour les jours de dimanches et fêtes, de conduire l’horloge, d’obéir en tout ce qui lui sera commandé et ordonné par les citoyens desservants et marguilliers sous peine de destitution qui sera prononcée par nous etc. ».

Le conseil municipal avait essayé de rentrer en possession de la maison cy devant presbitérale dès le 27 germinal an 11, afin d’y installer l’école, mais sans pouvoir y réussir ; il nous fait arriver au 30 mai 1826, époque où le Conseil municipal décide le rachat du presbytère moyennant la somme de 5200 francs. Ce projet rencontra de sérieuses difficultés par suite du désir de l’autorité écclésiastique de posséder le local en entier ou au moins d’avoir droit d’entrée chez l’instituteur. La séparation définitive ne fut établie qu’après les délibérations des 28 mai 1835, 15 août 1840 et 25 mai 1842 qui consacraient toutes l’isolement de l’instituteur et lui refusaient toute communauté avec le desservant.

Mais à peine les travaux étaient-ils achevés qu’il fallut songer à faire des réparations et des agrandissements. La population scolaire était de 115 élèves et la salle de classe trop exigue (1m² pour 3 élèves) ; aussi, le conseil municipal à la date du 12 mai 1844, décida l’agrandissement de cette classe en lui ajoutant la cuisine de l’instituteur. Cette délibération fut rejetée, l’administration ayant un autre but : la création d’une école de filles.

La séparation des sexes fut décidée le 18 août 1844 et le 18 février 1845, une institutrice laïque était demandée pour diriger l’école de filles.

Le conseil municipal fut invité à acheter ou à louer un local devant servir à l’école des filles et au logement de la maîtresse. Après deux échecs successifs concernant les immeubles Hurel Pierre Louis et Pernelle Jean Louis qui ne furent pas trouvés convenables par l’autorité supérieure, le maire loua pour 9 années, une maison sise à Gloton et appartenant au sieur Laurent Monnier moyennant 70 francs par an. La première institutrice privée fut installée le 16 août 1846, le poste n’ayant été reconnu qu’en 1850.

La commune de Bennecourt était obligée de payer une location et, de plus, elle ne possédait pas de mairie ; aussi, le 4 mars 1855, le Conseil municipal décida l’acquisition d’un terrain pour construction d’écoles-mairie et situé à Gloton, lieu-dit la Lombardie. Au bout de 10 ans seulement, ce nouveau local fut achevé il avait coûté 28000 francs.

Vu de l’extérieur, il paraît monumental et il ne contien que des logements au premier, réduits et mal disposés. L’escalier est commun à l’Instituteur et à l’Institutrice et il existe au rez-de-chaissée, un vestibule immense qui ne sert absolument à rien.

Les deux salles de classe sont semblables et c’est là le joyau de la construction. Le mobilier de chaque classe laisse cependant à désirer, il est ancien et se compose de 8 tables à 6 places avec ardoises encadrées, d’un bureau, de cartes, d’une armoire bibliothèque, de 5 tableaux noirs, d’un compendium métrique etc.

Jusqu’à la loi de 1833, les instituteurs étaient nommés par l’administration municipale, sauf approbation du sous-préfet. Plus tard, ils durent présenter leurs titres de capacité, des certificats de recommandation, de bonne vie et moeurs et être agréés par le comité local et cantonal. Enfin, la loi du 15 mars 1850 confia la nomination des instituteurs et des institutrices à MM les Préfets.

La population scolaire a varié suivant les époques. Elle était de 123 élèves des deux sexes en 1834, de 78 en 1852, de 85 en 1860, de 110 en 1879 et de 80 en 1899.

De 1850 à 1858, elle fut réduite par suite de l’installation d’une école privée où l’on enseignait exclusivement la religion protestante. Les 6 maîtres qui ont dirigé cette école sont MM Sauzet Jules, Chevallier Hippolyte Prosper, Denis Jules François, Daujat Constantin, Bonnet Constantin et Debourdenne César Frédéric. Ce dernier, frappé d’oppostion préfectorale ne peut lutter contre les écoles publiques dirigées par des des maîtres d’élite tels que M.M. Lenoir et Néel et l’école se ferma faute d’élèves.

Les instituteurs qui se sont succédé à Bennecourt sont :

Les institutrices sont :

Bonnotte Edme, de 1740 à 1756

Marchand Jean-Baptiste, de 1756 à 1771

Breton Jacques, de 1771 à 1774

Lefrançois Louis Augustin, de 1774 au 11 frimaire an 9

Leclerc Jean François, du 4 frimaire au 12 septembre 1808

Lesort Louis Marie, du 12 septembre au 31 octobre 1811

Lefebvre Jean Firmin, du 31 octobre 1811 au 14 mai 1815

Duval Jean Baptiste Nicolas, du 14 mai 1815 au 1er octobre 1816

Pernelle Charles, du 1er ocotbre 1816 au 7 septembre 1817

DEGonfreville Jacques Jean Constant, du 7 septembre 1817 au 17 juin 1825

Toutain Jean Baptiste, du 17 juin 1825 au 24 juin 1832

Ledanois Georges Désiré, du 24 juin 1832 au 4 août 1850

Lenoir Chrysostôme Isidore, du 4 août 1850 au 1er octobre 1851

Néel Victor, du 1er octobre 1851 au 1er août 1853

Philippe Alexandre, du 1er août 1853 au 2 avril 1858

Menu Gabriel Louis Désiré, du 2 avril 1858 au 16 août 1881

Rouget Gustave, du 16 août 1881 au 1er mai 1894

Signol Jules, nommé le 1er mai 1894

Madame Ledanois, institutrice libre du 8 juin 1841 au 16 août 1846

Mademoiselle Guillot, du 16 août 1846 au 2 janvier 1851

Mademoiselle Hotto, du 2 janvier 1851 au 1er février 1851

Madame Philippe, du 1er février 1855 au 26 octobre 1857

Mademoiselle Rabier, du 26 octobre 1857 au 2 novembre 1859

Mademoiselle Pineau, du 2 novembre 1859 au 12 novembre 1861

Mademoiselle Méténier, du 12 novembre 1861 au 24 août 1863

Mademoiselle Gautrin, du 24 août 1863 au 20 janvier 1870

Madame Menu, du 20 janvier 1870 au 16 août 1881

Mademoiselle Chlègle, du 22 août 1881 au 5 octobre 1883

Madame Dupont, du 5 octobre 1883 au 20 septembre 1889

Mademoiselle Legrand, nommée le 20 septembre 1889

 

L’instruction primaire est donnée actuellement dans les deux écoles de Bennecourt en conformité de l’organisation pédagogique de Seine-et-Oise du 26 juillet 1894.

Les résultats obtenus dans les examens sont bons. La situation de l’établissement scolaire et l’installation matérielle sont l’objet de tous les soins de l’Instituteur et de l’Institutrice. (Voir les rapports de M. l’Inspecteur primaire).

Les deux écoles ont adhéré à la mutualité scolaire de l’arrondissement de Mantes.

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Plan des écoles de Bennecourt, Cour et Rez-de-Chaussée – Source : Archives départementales des Yvelines, Tsup/196

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Plan des écoles de Bennecourt, 1er étage – Source : Archives départementales des Yvelines, Tsup/196

Aujourd’hui, le bâtiment est entièrement dédié à la Mairie, il est néanmoins toujours accolé à l’école.

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Photographie actuelle de la mairie et d’une partie de la cour de l’école, Collection personnelle

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Une réflexion sur “Instruction publique à Bennecourt

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